Mircea Eliade

images » Tout microcosme, toute région habitées a ce qu’on pourrait appeler un Centre, c’est à dire un lieu sacré par excellence.(…) Toutes les civilisations orientales, Mésopotamie, Inde, Chine, connaissent un nombre illimité de centres. Mieux encore, chacun de ces centres est même appelé littéralement « centre du monde ».(…) C’est dans un tel espace que l’on touche directement au sacré, soit matérialisé dans certains objets soit manifesté dans les symboles hiéro-cosmiques ( pilier du monde, arbre cosmique…)
Mircea Eliade, in Images et symboles, Gallimard-1952

désirs de centre

imagesTout être humain tend, même inconsciemment, vers le « Centre » et vers son propre centre qui lui confère la réalité intégrale, la « sacralité ». Ce désir profondément enraciné dans l’homme de se trouver au coeur même du réel, au Centre du Monde, là où se fait la communication avec le ciel explique l’usage immodéré des « centres du Monde ».(…) L’itinéraire qui conduit au Centre est semé d’obstacles et pourtant chaque cité, chaque temple se trouve au Centre de l’Univers.(..) Tout ceci semble montrer que l’homme ne peut vivre que dans un espace sacré, dans le « Centre« .(…) une certaine situation humaine que nous pourrions appeler la nostalgie du paradis. Nous entendons par là le désir de se trouver toujours et sans effort au Centre du Monde, au coeur de la réalité et, en raccourci, de dépasser d’une manière naturelle la condtion humaine et de recouvrer la condition divine…
Mircea Eliade in Images et Symboles p.69-70 op.cit.)

« Images et Symboles »

le-secretaireDe façon générale, Mircea Eliade, en philosophe des religions, développe de manière magistrale ce thème du Centre dans « le Mythe de l’Eternel Retour » et plus encore dans son ouvrage « Images et Symboles » paru chez Gallimard en 1952 et rédité en 1980 (collection Tel ) avec une préface de Georges Dumézil. Pour plus d’informations, le lecteur curieux se reportera directement à cet ouvrage (pages 47-72). Moi je n’ai pas jugé bon d’en fournir trop d’extraits à l’Intrépide Centripète. Il est encore convalescent. Ce qui lui faut, c’est une infusion de grand air et des piqûres à base de rayons de bicyclette !