labyrinthe, 2

images Il parait que dans son labyrinthe Dédale fit en sorte, non pas que l’on ne puisse pas, mais que l’on ne veuille pas en sortir. Grégoire Carlé

One comment on “labyrinthe, 2

  1. Gwenael D. dit :

    in « Thésée aux îles ou l’utopie détroussée » de G. De Boodt, Coll Théâtre des 5 continents, Ed. L’harmattan, 2001 :

     » Le dédale : On nous fait tenir pour choix ce qui n’est que vulgaire loterie

    Après avoir innocenté Astérios dit le Minotaure de tous les crimes qu’on lui attribue, qu’on juge des conditions de sa détention.
    Plutôt que de le laisser croupir dans un espace de corridors et d’impasses, dénué de sens, et dont se satisfait dévotement le bon « sens commun », nous devons cette fois lui restituer sa véritable prison, avec une bonne porte de bronze pour seule issue, laquelle est fermée de l’extérieur par une grosse clef bien lourde que détient le tyran.
    Oui, le labyrinthe est une prison. Ca n’est pas un chemin de sagesse!
    C’est un appel à la libération, au démantèlement des murs, au défonçage des portes verrouillées.
    Les labyrinthes des jardins, ceux des châteaux (Versailles…) ceux des Folies, ne sont pas des labyrinthes : ce sont des dédales. Les dédales ont littéralement détourné le sens premier du chemin qui aboutit à la liberté. Les dédales ont étouffé l’espoir sous le formalisme de petits amusements bucoliques destinés aux nantis. Les dédales ont effrayé le populaire de la complexité de leurs carrefours et de leurs impasses dans le but de l’abandonner à lui-même en entravant sa course pour le jeter à terre. C’est une tra-gé-die !
    Combien de temps les élites vont elles encore s’amuser à faire semblant de se perdre dans des carrefours et des impasses en se faisant coucou à chaque croisement ? Le labyrinthe n’est pas un divertissement ni un jeu d’illusion. Il va au coeur, inexorablement même s’il n’y va pas droit.
    En témoignent ces représentations au dos des premières monnaies lydiennes du VIIIème siècle avt JC, sur le sol des cathédrales à Chartres, Amiens…
    En témoigne aussi l’étymologie.
    Le Bailly nous traduit le mot labyrinthos par « lieu rempli de détours » ou par « objet se repliant sur soi-même ». Avec l’adverbe -then, il peut impliquer la manière d’un éloignement, d’un départ, de ou vers lui-même (in, datif ou accusatif de i, pronom réfléchi de la 3ème personne). Mais aussi, et c’est là le sens fort du mot, le radical hérité de l’adjectif labros le qualifie de violent, de véhément, d’impétueux. Ce dernier sens écarte l’idée d’un choix. Il fait du labyrinthe un parcours impétueux se repliant sur soi-même ou mieux qui se rue vers lui-même (verbe labrô). Le seul but indiqué est le départ, la marche sans transiger, qui s’élance du sentiment immédiat.
    A la lueur de cette analyse, nous comprenons que les théories d’égarement dans le labyrinthe de la société, de la pensée et de tout le tralala sont caduques. La complexité est un mensonge commandé par les hommes de pouvoir aux intellectuels (une ruse du génial architecte Dédale) pour garder l’individu dans l’ignorance de l’essentiel.
    Nous savons pour cela l’homme découragé de marcher libre et fort. C’est l’impétuosité qui doit lui insuffler la vie. Elle le délivrera de ces fondements convenus qui s’insinuent dans sa pensée moderne et qui lui font tenir pour choix ce qui n’est que vulgaire loterie.

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