Ibn Caloun

imagesdervicheJ’aime cette idée du mouvement circulaire que représente la roue. Regardez, elle semble tourner sans fin sur elle-même autour de son moyeu. Mais c’est lorsqu’elle est livrée à elle-même, uniquement mûe par la main qui la fait tourner. Posez-la au sol, lancez-la de la main comme un cerceau ou entrainez cette roue au moyen d’une chaine et voici qu’en tournant sur elle-même, elle se met à se déplacer à la surface du sol. Son mouvement circulaire d’origine se transforme en déplacement linéaire ! La roue fait un tour complet sur elle-même. Seul l’imbécile dit : c’est un tour pour rien, puisqu’elle est revenue à sa position de départ. Car dans le même temps, elle s’est déplacée de quelques mètres ! Résumons: un mouvement cyclique qui parait sans raison; au centre même du moyeu, quelques atomes pratiquement immobiles; à la périphérie, des milliers de kilomètres ! quelle belle illustration de la course des planètes ! Le cycliste sur son vélo mime la course des étoiles. Imite le mouvement des astres. Les derviches de la tradition soufie, qui n’ont pas de vélo à leur disposition, évoquent à peu près la même chose avec leurs danses spiralées (sama ) qui exprime à la fois le mouvement et la verticale, le centre et la mutation du centre par le changement. Derviches-cyclistes, même combat !
Ibn Caloun

 

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