le chef d’oeuvre inconnu

le-secretaireEn 1931, Pablo Picasso réalisa cette illustration pour « le Chef d’oeuvre inconnu » de Balzac. Picasso qui n’hésite pas à dire de lui : « je ne suis pas, je précède, et comme tout tourne, cela revient au même. » Avec son habituelle intuition, il tâche de traduire en lignes, forme et rythmes le récit littéraire de Balzac. Il établit ainsi des correspondances étonnantes et profondes entre le travail d’écriture et le travail plastique. A son tour, un musicien inspiré pourrait s’emparer de l’oeuvre de Picasso, la lire comme une partition moderniste et tenter de lui donner une transcription musicale. Ainsi s’établissent ente les différents arts des passerelles fécondes. Il y aurait pour l’Intrépide, s’il voulait bien s’accorder une petite pause, un motif intéressant de réflexion, tous les chemins de la création artistique menant finalement au centre que l’on aperçoit au haut de l’image…picasso

Mark Lombardi

le-secretaireCette oeuvre de Picasso est à rapprocher du travail d’un autre artiste plus contemporain, Mark Lombardi. Une grande partie de son travail a consisté, après avoir compilé des milliers de fiches sur des personnages politiques ou d’influence, mais aussi de sociétés, des entreprises, mafias, etc… à montrer sur des graphes et diagrammes les connexions, réseaux plus ou moins occultes, organisations souterraines, qui sont à l’oeuvre pour mailler la société et illustrer le caractère labyrinthique des pouvoirs. On a pu parler à propos de son travail de « cosmogonies aristotéliciennes ou médiévales », de topographies des lieux de pouvoir. Ou comment un artiste cherche à illustrer de façon graphique des concepts résolument politiques et financiers. On n’est pas si éloigné que ça de la recherche du centre, ces tracés complexes et étranges laissent aussi la trace d’un cheminement vers une solution centrale, quelque chose comme la clé de l’énigme. Mark Lombardi se serait suicidé en 2000.

lombardi

Eva D.

images Une de mes petites filles, une adolescente soudainement dépressive, m’a demandé récemment plusieurs renseignements en rapport avec la culture du pays d’origine de son grand-père. J’ai compris qu’elle était à « la recherche de soi » et que je me devais de lui raconter ses origines.
J’ai réalisé un livre en images dans lequel je présente la longue errance de ma famille.
J’ai bien compris qu’il s’agissait là également de moi et de ma recherche du centre. J’ai parcouru le chemin qui a fait ce que je suis en parcourant l’arbre généalogique. Ses racines se trouvent dans les Sudètes, une région forestière dans les montagnes qui bordent la Bohème et la Moravie. Je suis née au bord de la Mer Baltique et j’ habite au bord de L’Océan Atlantique, pourtant je pense que je suis des terres. Je sens que là, dans les terres, est mon centre à partir duquel se sont construites des générations de défricheurs, de bûcherons, artisans et créateurs, des manuels comme moi. Je suis enracinée quelque part à l’Est de L’Europe. Cette certitude m’aide à comprendre mes créations. Quand je suis surprise de moi-même, je me dis que c’est ma partie slave et je suis réconciliée avec moi ! Je joins quelques pages du livre que j’ai réalisé à cette occasion.

la voie généalogique

le-secretaireMerci Eva pour ce superbe témoignage. Vous êtes aussi, comme tant d’autres, à la recherche de votre centre, pour vous-même et les vôtres. Ce que vous trouvez sur votre chemin nourrit visiblement une belle production artistique. Vous avez choisi d’aller vers votre propre centre par une voie, disons, généalogique. Je suppose que la quête de l’Intrépide Centripète est plutôt d’ordre géographique. En ce moment, après avoir mis ma bibliothèque sens dessus dessous pour trouver des indications littéraires, il cherche frénétiquement du côté des artistes. Mais je pense que cette inaction actuelle lui pèse et qu’il mûrit déjà son prochain voyage. Il est assez imprévisible et j’ignore encore quel sera son objectif pour demain. Et lui non plus, sans doute…

le centre des centres ?

le-secretaireL’artiste américaine Jenny Odell utilise des photographies d’éléments pris sur Internet, bateaux, avions, usines, terrains de basket, qu’elle assemble et regroupe par séries. Il en résulte une image virtuelle qui n’est pas seulement le résultat de l’addition de ces dizaines d’éléments, mais qui acquiert un sens totalement nouveau et autonome. Sur cette image « circular farms« , des dizaines de champs circulaires, chacun d’entre eux étant organisé autour d’un centre. D’où mon interrogation : et si le centre « ultime » était l’addition de plusieurs centres ? Mais cette réflexion est personnelle et d’aucune utilité pratique pour l’Intrépide Centripète.circularfarms

 

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Grâce à un jeu complexe de miroirs, Luce Moreau ses complices font découvrir au passant d’étranges images dans le paysage. »Landmarks » est une installation d’anamorphose lumineuse mise en place dans divers paysages. Après avoir choisi un point de vue photographique auquel elle reste fidèle, l’artiste aidée de son équipe installe des jeux de miroirs qui réfléchissent les rayons du soleil en direction de l’objectif. La lumière du soleil est déviée et transformée en signal. Des formes géométriques émergent alors d’un paysage familier. Entre la source de lumière solaire et le photographe s’installe une relation, comme pour signifier que le paysage renvoie toujours à quelque chose de soi-même. Le paysage recèle toujours un jeu de miroir, l’Intrépide ne pourra manquer de le constater dans ses pérégrinations…
Isis Calvisson
 landmarks

 

vingt millions de centres artistiques

le-secretaire Pour aider le Centripète dans sa recherche méthodique du centre, j’ai cherché avec un moteur de recherche »centre d’art ». J’ai trouvé plus de deux millions quatre cent mille occurrences. En tapant »centre artistique », j’ai trouvé alors  plus de vingt millions d’occurrences.  Inutile de rapporter ces chiffres à l’Intrépide, cela lui ferait de la peine inutilement.

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Bonjour à tous ! Moi je travaille comme animateur dans un centre particulier, un Centre d’initiation à l’environnement. Et devinez quoi ? On fait actuellement une expo sur les différents milieux. Un centre qui s’intéresse au milieu, ça devrait vous plaire, non ?
cordialement, Denis A.

vélos d’art

lICEn cherchant du côté de l’art et des artistes, mon dévoué secrétaire m’a trouvé quelques beaux vélos d’artistes. Je veux dire des oeuvres d’art à base de vélo. Ca ne me rapproche pas de mon objectif, mais ça prouve qu’un vélo peut être bien autre chose qu’un vulgaire moyen de déplacement. Le vélo a une charge esthétique considérable. Je m’en doutais. C’est d’ailleurs étonnant que dans les siècles passés, dans l’Antiquité, au Moyen-Age, voire à la Renaissance, on ne trouve pratiquement pas d’oeuvre d’art à base de vélo. A croire qu’il y a des effets de mode. J’ai mis dessous quelques échantillons de vélos d’art. Je ne connais pas les auteurs. Si vous avez des noms, je serais heureux de leur rendre cette justice.