Franklin et le centre

images Oh yeah ! En fait, l’histoire ne se termine pas abruptement. Car les correspondants de l’Intrépide continuent  à chercher pour lui des informations- contradictoires et divergentes- sur l’existence d’un centre des centres. Aujourd’hui, c’est Christian L. qui me fait parvenir cette planche des Fabulous Freak Brothers où le héros file en combi Volskwagen … vers le centre pardi !

FBcentre

et le lac Hövsgöl ?

le-secretaireJ’ai trouvé chez l’auteur Antoine Volodine, dans « Des anges mineurs », la mention d’un centre du monde inédit :
« une partie d’entre elles*, avec à sa tête Laetitia Scheidmann, prit la route de la capitale pour m »appréhender. Les dernières m’attendaient sur les lieux où le tribunal siègerait, pas très loin du centre du monde, dans les parages du lac Hövsgöl. En attendant l’arrivée de l’hypothétique convoi pénitentiaire… » Evidemment, connaissant la formidable capacité d’invention de l’auteur, j’étais convaincu que le site n’existait pas. Renseignements pris, c’est un immense lac sacré de Mongolie.

* les grand-mères

Long et le cercle

le-secretaireL’artiste Richard Long, un des chefs de file du land art :  » J’aime les cercles et le lignes, non pas à cause de je ne sais quel formalisme, mais parce que j’aime cette puissance… » Ailleurs, pour lui,  » le cercle est un système ouvert qui peut capter n’importe quelle idée et qui peut être réalisé de multiples manières :  » je peux faire une marche en cercle, je peux faire un cercle de pierres, je peux faire un cercle avec de la boue, je peux faire un cercle de mots ». (cité par Kenneth White)

ombilicologies

images Le conteur Yannick Jaulin, avec quelques compères, est à l’origine du conssèpte «Pougne-Hérisson, nombril du monde». Ces joyeux facétieux en ont même tiré un bouquin intitulé avec beaucoup d’à-propos « le nombril du monde» (Gestes éditions). On  y trouvera une foultitude de centres du monde, que même certains je les avais pas encore répertoriés (mais ça n’allait pas tarder ). Voici donc, livrés en pâture à mes nombreux lecteurs, ces nouveaux centres :

  • V.I.T.R.I.O.L. Visita Interiora Terrae Rectifiandoque Invenies Occultum Lapidem, « découvre l’intérieur de la terre et, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée (des sages)»
  • l’ile d ‘Ogygie, qu’Homère nomme  «nombril du monde»
  • le temple de Jérusalem (on trouve un omphalos près du Saint-Sépulcre)
  • le mont Ararat (où aurait échoué l’arche de Noé)
  • le mont Thabor viendrait de « tabur » qui signifie nombril
  • le « hout-ben-ben » la demeure de Ben-Ben qui, à Héliopolis dans l’Egypte ancienne, renfermait une pierre conservée comme relique; elle matérialisait le sperme pétrifié d’Atoum qui se créa lui-même,
  • l’arbre de Bodh-Gaya au pied duquel le Bouddha reçut l’illumination,
  • l’île de Malekula aux Nouvelles Hébrides,
  • l’ancienne cité de Bet-El, l’antique Betehl, à 6 kilomètres au nord de Ramallah. Elle fut le théâtre du songe de Jacob, qui vit descendre du ciel une échelle, lien symbolique entre la terre des hommes et la demeure divine, promesse du Paradis.
  • Mexico qui en langue quechua veut dire «nombril de lune»
  • p’têt mêm’ l’étoile polaire qui, dans les poésies scandinaves, est un nombril de ciel…

et aussi le Yak

lIC Le Yak, alias Claude Marthaler, cycliste impénitent et littérateur accompli ( «zen ou l’art de pédaler», «l’insoutenable légèreté de la bicyclette», «le chant des roues» , etc… me fournit un centre de plus pour ma collection : en hindi, prétend-il, le mot « Bharat»qui désigne l’Inde signifie aussi nombril du monde…

Göbleki Tepe, nombril du monde

le-secretaireGöbleki Tepe en turc, Girî bi navkê mendixka en kurde, le site archéologique mégalithique le plus ancien découvert (fin du Mésolithique, environ 10000 ans BC, environ 70 siècles avant les pyramides d’Egypte ) se trouve  en Anatolie. Total respect. Et savez-vous ce que signifie cette dénomination ? la colline du nombril ! Peut-être bien que c’est à cause de la forme de la colline, mais moi je crois y voir encore un autre nombril du monde… L’illustration qui suit n’est qu’une interprétation d’artiste.
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l’alphabet génère le centre

le-secretaireLes premières instructions pratiques pour créer un « golem »peuvent être trouvées dans les commentaires médiévaux du Sefer Yetzirah (Le Livre de la Création). Dans ces « recettes de golem « , les combinaisons de lettres de l’alphabet hébreu avec les lettres de dieu jouent un rôle central. Parfois les instructions sont accompagnées de diagrammes cosmologiques, de cartes ou de roues de lettres indiquant les configurations précises des lettres ou les constellations célestes requises pour l’acte magique de création. Quand une personne accomplit ces acte d’incarnation, même de petites erreurs peuvent avoir de graves conséquences et la recette échoue. (tiré du Musée Juif de Berlin )

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légende de l’illustration: commentaires sur le Sefer Yetzidah attribué à Saadia Gaon (882-942).Cette transcription est contenue dans un manuscrit espagnol du XIV° siècle.

symboliques du centre, suite

le-secretaire » Le centre est l’un des quatre symboles fondamentaux avec le cercle, la croix et le carré (…) Observons que les images de centre et d’axe dans la dynamique des symboles ne se distinguent que par le point de vue : une colonne vue de son sommet est un point central; vue de l’horizon, à la perpendiculaire, elle est un axe. Ainsi le même lieu sacré est à la fois centre et axe du monde; aussi sera t-il l’endroit privilégié des théophanies.(…) Le centre est également appelé le nombril de la terre.(…) le mont Garitzim , sacré pour les Samaritains, était le nombril de la terre. Le nom du mont Thabor viendrait de tabur, qui signifie nombril.(…) Dans les civilisations méso-américaines, le centre de la croix correspond au cinquième soleil; dans le Codex Borgia, il est représenté entouré des quatre dieux correspondants aux quatrièmes premiers soleils, peints des quatre couleurs fondamentales : rouge, noir, blanc, bleu. La figure centrale est Quetzacoatl, dieu du soleil naissant. »

d’après le dictionnaire des symboles, Chevallier/Gheerbrant (ed. Robert laffont )

Nasruddin Hodja et le centre

lICLe sultan voulut mettre à l’épreuve Nasruddin en lui posant des questions impossibles :
– Dis-moi où se trouve le centre de la terre.
– Exactement là où à l’instant mon âne pose son sabot gauche.
– Comment peux-tu affirmer une chose pareille ?
– Si tu ne me crois pas, pose ton trône à la place du sabot de mon âne et demande à tes conseillers de mesurer.
Si les mesures ne sont pas justes, tu pourras me jeter en prison.in Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage.
Jihad Darwiche ed. Albin Michel

le point Nemo

lICEn fouinant comme d’habitude, j’ai aussi découvert un lieu qui pourrait concourir au titre de centre de l’antimonde, ou si l’on préfère à l’anti-centre du monde. C’est le point Nemo, en hommage au personnage du capitaine inventé par Jules Verne. Il se situe dans le Pacifique sud-je vous fais grâce des coordonnées GPS- , c’est aussi le pôle maritime d’inacessibilité » et il se trouve à 2688 km de la terre (inhabitée) la plus proche. Ce qui fait que les humains les plus proches sont les occupants de la cabine spatiale qui gravite au dessus…Quant à moi, à part d’emprunter un pédalo, huit paires de cuisses et de partir avec six mois de vivres…

l’Intrépide à Vincennes

imagesFin janvier, l’Intrépide Centripète eut l’insigne honneur d’être invité par le CCI Cyclo-Camping International à
Vincennes pour présenter un bref résumé de ses aventures centripétiques. Beaucoup de monde durant deux jours, belles rencontres, beaux échanges dans une ambiance tout à fait sympathique. Et de sacrées pointures du voyage, Heinz Stückhe, Olivier Peyre, … je vous raconterai. Et juste avant la fermeture, l’Intrépide qui n’a pu s’empêcher de dégainer son accordéon !
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le phallus-centre du monde ?

Phallus.

 » Ce mot est regrettablement assimilé au pénis chez le grand public. Le phallus représente certes symboliquement le membre viril en érection, mais il ne doit pas être confondu avec cet organe anatomique.  Dans les fêtes d’initiation religieuse d’Osiris en Egypte, de Dyonisos en Grèce et de Bacchus  à Rome, mais également dans l’hindouisme  (lingam ) et la kabbale juive ( dans le Seffer Yetsirah ), le phallus représente dans des vocables et des métaphores divers ce que signifie l’idée de filiation. Il est décrit comme l’axe, la colonne, le soubassement, le lieu d’équilibre et de lien, comme l’échelle de Jacob, entre le ciel et la terre. Il est le centre autour duquel se greffent le monde et la vie avec ses deux caractéristiques majeures : la puissance génératrice et le principe d’ordre et d’organisation. »

 

Moussa Nabati, « guérir son enfant intérieur « 

dans la revue du CCI

images CCI, non  pas la Chambre de Commerce et d’Industrie, ni Comment Cycler Intelligent, mais Cyclo-Camping International : le dernier numéro 146 de la revue consacre deux pleines pages aux tribulations de l’Intrépide Centripète. Je ne pouvais manquer cette occasion de vous les faire partager.
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« pédale douce »

images « Pédale douce », le dernier titre de Frank Michel paru aux éditions Livres du Monde. De lui, j’avais déjà lu « éloge du voyage désorganisé », une réflexion approfondie sur le voyage, la littérature de voyage, la Nomadie … et voilà que dans ce nouvel opus d’une centaine de pages, l’auteur prend la peine de citer l’Intrépide :

“ Notre cycliste oblique revient  à la charge, toujours pacifiquement et à vélo, dans un livre plus déjanté encore, au titre programmatique : l’Intrépide Centripète à la recherche du Centre (2016). Le récit d’un être en marge en quête de son centre. Et pour rayonner en son sein, rien de tel qu’un bon trip à vélo en mode géopoétique, d’où l’on verrait presque le fantôme de Kenneth White surgir en haut d’une colline ou au détour d’un virage… cramponné à son guidon et à l’affût du bruit du monde, le poète cycliste se met en selle et, à petite vitesse pour mieux cerner les hommes et laisser infuser les idées, il cible l’axis mundi, ce pilier de la terre, il erre à la recherche du nombril du monde, pétri d’un humanisme à toute épreuve, défiant toutes les embûches sur son passage. Il fallait bien tout ce détour par le voyage lent pour se recentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire sur le sens qu’on donne à sa vie. A l’issue de trois années de tribulations cyclistes, géographiques et philosophiques, il réussit  à nouveau magistralement- comme dans son livre précdent- à éviter l’écueil des journaux ou carnets de voyage cyclotouristiques, si redondants et ennuyeux, en veillant minutieusement à toujours placer les mots devant les roues et la poésie avant l’effort. La preve que le vélo ne s’apparie pas qu’avec l’effort et la gloire, mais aussi avec la créativité, l’imaginaire, la jouissnce, le bonheur et parfois la littérature. »

N’en jetez plus  ! Si après ça vous n’êtes pas réconcilié avec le vélo et l’écriture, vous êtes totalement irrécupérable.

 

Pédale douce, ode au vélo et à la lenteur- Frank Michel, éd.livres du Monde -7,50 €- 2018

équerre à centrer

L’ami Bernard m’envoie ceci :  « Salut, il y a maintenant  belle lurette que j’ai fabriqué cette équerre à
centrer, je m’en sers de temps en temps, sur un cylindre la précision est excellente. Avec une forme patatoïde
ça marche aussi , les tourneurs sur bois l’utilisent pour centrer au mieux les billons de bois brut entre pointes.»
Merci pour ton apport technique précieux, enfin un outil sûr pour trouver le centre !

centrage-1e !

encore Chambala

J’avais abondamment cité dans mon livre p.56 la cité mystérieuse de Shambala. Voilà que je trouve sous la plume d’Alexandra David-Neel (voyage d’une parisienne à Lhassa-Pocket spiritualités, p.309 ) d’autres précisions sur cette mystérieuse Shambala : « Tchang Chambala (Chambala du Nord ) est pour les initiés des sectes mystiques une fiction symbolique correspondant à des faits d’ordre psychologique et spirituel. Certains lettrés considèrent Chambala comme un état idéal, une sorte d’équivalent oriental d’Utopie. D’autres en parlent comme d’un séjour paradisiaque, du genre de Zang dog pal ri ( la noble montagne couleur de cuivre ), résidencde de Padmasambhava. J’ai connu des gens qui prétendaient y avoir été et d’autres, plus modestes, se bornaient à dire qu’il en connaissaient le chemin…»