dernière minute !

Dernière minute : l’Intrépide Centripète et son fidèle secrétaire, après avoir
écumé les milieux inhospitaliers de l’édition durant plusieurs mois, ont enfin trouvé un éditeur
pour leurs aventures centrophiles et géopoétiques.
L’ouvrage est publié par les  éditions Artisans-Voyageurs et disponible chez eux :

Artisans-Voyageurs
Les Landes
49170 Saint-Germain des Prés
Tel : 00 33 (0)6 19 02 65 39
Tel : 00 33 (0)9 64 49 11 63

paule-et-arthur(@)wanadoo.fr

 

ou encore auprès de l’auteur.

Par conséquent, j’ai dû supprimer de ce site tous les articles et informations que vous pourrez
trouver sur la future version papier, afin bien évidemment d’éviter le double emploi. Je  garde sur le site tout le reste, c’est à dire les  articles, illustrations, commentaires et compléments qui ne figurent pas sur le livre. Et le site va continuer à s’enrichir des aventures de l’Intrépide qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin !
De votre côté, si vous souhaitez en savoir plus sur l’édition papier à venir, envoyez-nous un petit message via les commentaires, le secrétaire se fera un plaisir d’y répondre.
A bientôt sur les routes du centre  !affichette

l’intrépide dans la Dépêche du Midi

201612131437-full Gérard Bastide présente «L’intrépide centripète» /Photo DDM

Sa plume n’est jamais au repos, pas plus que sa créativité. Le nouveau livre de Gérard Bastide est paru il y a quelques semaines. «L’intrépide centripète» est le récit des aventures d’un personnage qui n’est autre que l’auteur, à la recherche du centre. Gérard Bastide s’est rendu physiquement dans tous les lieux qui sont évoqués au fil des pages, son aventure a duré près de trois années de voyages, de réflexions philosophiques et poétiques, de recherches géographiques, trois années où, très régulièrement, il se glissait dans la peau de son personnage avant de coucher sur papier ses impressions. «Trop longtemps je fus en marge. Excentré, décentré, déconcentré. En un mot, ex-centri-que. Aussi ai-je décidé de consacrer le reste de ma vie à la recherche du centre. S’il existe.» C’est ainsi que débutent les tribulations géopoétiques d’un cycliste lunaire qui, cramponné à son guidon, emmène ses lecteurs dans ses errances et leur fait découvrir de nombreux cœurs du monde, nombrils, centres, milieux et autres axes, consignés dans son carnet de voyage. Dans sa quête initiatique, l’érudition de son fidèle secrétaire l’amène à des profondes réflexions et finalement à se recentrer sur le sens à donner à sa vie.
Un beau récit tout droit sorti de l’imaginaire fertile de Gérard Bastide, «polyfaiseur de multichoses», musicien, conteur, acteur, nouvelliste, artiste plasticien, écrivain entre autres talents. Dans cet ouvrage tout en décalé, il incite à la réflexion sur le sens de la vie ; chacun doit trouver son «centre», son but pour aller de l’avant et la chute sont résolument optimistes. Artisan voyageur, passionné de cyclisme, Gérard Bastide a déjà en tête de nouveaux projets : il participe en outre très régulièrement à des festivals et salons, sans oublier les concours de nouvelles et a déjà été primé à plusieurs reprises.

SOMMAIRE

 

Le projet, par l’Intrépide Centripète

l’Intrépide Centripète, par son secrétaire

chapitre 1 : de quelques avis avisés pour cycliste averti où l’Intrépide Centripète admet que quelques conseils bien pesés doivent pouvoir trouver place sur son porte-bagages

chapitre 2 : des coeurs du monde où l’Intrépide Centripète décide d’aller voir par lui-même le coeur du monde. Qui ne le satisfait pas. Et il revient avec dans la bouche le goût amer de ceux qui se sont trompés de coeur.

chapitre 3 : des centres du monde Où l’Intrépide Centripète part aux Pyrénées pour tâcher d’atteindre trois ou quatre centres du monde, rien que ça, et finit sa course dans un centre commercial.

chapitre 4 : des nombrils du monde où l’Intrépide Centripète espère désormais trouver une réponse satisfaisante en pédalant tête baissée vers les nombrils du monde.

chapitre 5 : des centre spirituels où l’Intrépide Centripète, aidé par l’érudition de son secrétaire, entreprend l’inventaire des centres spirituels et découvre qu’il y en a presque autant que de recettes de tiramisu, ce qui ne l’aide pas beaucoup dans sa quête.

chapitre 6: d’un milieu du monde savoyard où l’Intrépide revient d’Helvétie déçu.

chapitre 7: de l’inutilité de demander des centres sérieux aux artistes où l’Intrépide, par un après-midi pluvieux, brasse avec l’aide de son fidèle secrétaire l’ensemble des réflexions humaines sur le centre, la centralité, le centralisme et peut-être même la centrologie.

chapitre 8 : des cartes et de ceux qui les font où l’Intrépide Centripète découvre qu’il ne faut pas non plus se fier aux cartes.

chapitre 9 : des centres géographiques du monde où l’Intrépide se décide enfin de prendre l’avis des gens du métier, les géographes qui sont censés savoir où se trouvent les mers et les monts, les villes et les centres. Peut-être même les adresses des réparateurs de bicyclettes.

chapitre 10 : de la nécessité de faire le tri où l’Intrépide se décide enfin à mettre à plat ce qu’il sait ( ça tient sur une carte postale ) mais ne peut s’empêcher de chercher des centres dans l’univers entier.

chapitre 11 : du centre de la Terre et autres labyrinthes où l’Intrépide, cédant une fois de plus  à sa manie d’inventaire, veut à toute force faire le tour des centres cachés, sites enfouis et autres milieux occultes.

chapitre 12 : des parallèles, des méridiens et même de l’excentricité du globe où l’Intrépide Centripète redécouvre les parallèles, les méridiens et deux scientifiques de génie avec une orange et un citron

chapitre 13 : d’une véridique traversée de la France à vélo en équilibre sur le méridien et des découvertes que l’Intrépide y fit
chapitre 14 : du choix pertinent de l’Hexagone pour rechercher un centre français où notre héroïque centrophile, écoutant les conseils avisés de son secrétiare, abandonne enfin ses ambitions universalistes pour se concentrer sur le territoire métropolitain qui devrait lui offrir une jolie collection de centres franco-français.

chapitre 15 : de l’impossibilité de trouver un centre indiscutable, même par la méthode mathématique où l’Intrépide écume un bon paquet de centres dans le centre sans trop…y trouver son compte.

chapitre 16 : d’un poème trouvé sur la route

chapitre 17 : de la difficulté de trouver le juste milieu

chapitre 18 : d’un cycliste centrifuge où l’Intrépide découvre qu’on peut aussi partir à vélo du milieu pour aller ers les côtés.

chapitre 19 : d’un lieu apaisé qui pourrait servir de centre prénatal

chapitre 20 : d’un moment opportun pour arrêter de chercher le Centre où l’Intrépide, après avoir cavalé si longtemps en tous centres, finit par devenir centre à son tour.

tout a démarré dans les toilettes

Tout a démarré dans les toilettes. Enfin, la formulation est brutale mais c’est un peu ça. C’est pendant que j’étais assis sur la lunette des WC  à contempler une mappemonde que l’idée de repartir a germé. Apparemment, c’est un passe-temps qui est partagé par pas mal de monde. Je viens de recevoir d’un aimable correspondant, Jean-Jacques G…, ceci : « aujourd’hui  m’est venue l’envie de jouer à une sorte de jeu, une expérience un peu curieuse,un tant soit peu surréaliste. Installé sur le trône dans les toilettes je regardais la mappemonde orange et bleu sur le mur de droite. L’idée me vint de choisir une île, petite et tout à fait inconnue, avec l’intention d’aller vérifier sur Internet pour voir d’une part si elle est répertoriée d’autre par s’il en existait un visuel, ».visuel-monde « . Attiré par les contrées arctiques je regardai au sommet de la carte et mon regard se porta sur une toute petite île, absolument minuscule du nom d’île Wieze. Sorti des toilettes je me précipitai sur mon clavier et tapai le nom de cette île au nom bizarre. Je suis alors tombé sur votre site que je parcourais avec étonnement et une certaine avidité.
Cela mérite que je vous salue. Voilà qui est fait. »

Merci donc à vous cher monsieur, votre témoignage prouve si besoin était…heu, en parlant de besoin, il faut que je file !

pistolets de cycliste

pistolet de cycliste

le-secretairePour l’Intrépide pas si intrépide que ça qui craindrait d’être assassiné sur son vélo, j’ai trouvé dans une collection privée ces deux armes originaires de Belgique dits « pistolets de cycliste ». Elles datent des années 1880, sont de calibre 6mm et témoignent que les routes d’alors étaient encore moins sûres !

à cent mètres du centre du monde

à100 mètres ...

lIC
Toutefois, en tournant un peu autour du centre du monde commercial, j’ai découvert à cent mètres de là un lieu plus intéressant qui s’intitule forcément “à cent mètres du centre du monde”. Dans un ancien entrepôt rénové, c’est une galerie d’art contemporain. J’y découvre une exposition du peintre Gérard Fromanger. Comme tous les artistes, lui aussi m’a bien l’air de chercher son centre, voyez ma photo.

et encore un centre du monde !

Ca n’arrête plus ! L’amigo Oscar Castro, qui dirige à Paris le bouillant théatre Aleph, mis au courant de mes recherches me fait parvenir ceci : « Aqui en esta foto le mando querido amigo mio, el centro del mundo. Cuando vengas a mi teatro podras pararte en el te daras cuenta que el mundo es redondo ». Je lui ai répondu que « le mundo esta redondo el domingo y cuadrado los otros dias de la semana. » N’empêche, je suis bien curieux de voir de près son centre du monde qui se trouve sous une table du bar du rez-de-chaussée! Sagrado companero Oscar !
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la maison-centre

 

imagesOn a pu montrer que le symbolisme d’un axe cosmique est déjà connu dans les cultures archaïques et en premier lieu par les populations arctiques et nord-américaines : le poteau central de l’habitation est assimilé à l’axe cosmique.(…)quand la forme de l’habitation change et que la cabane est remplacée par la yourte, la fonction mythico-rituelle du pilier central est assurée par l’ouverture supérieure destinée à l’échappement de la fumée.(…) Cette assimilation symbolique de l’habitation au “Centre du Monde” trahit un des comportements les plus instructifs de l’homme religieux archaïque.

Mircea Eliade (images et symboles, p.60 op.cit.)

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Un texte sumérien cité par André Parrot identifie la ziggourat “à un temple comme un astre au milieu du ciel.” Or le seul astre qui occupe le milieu exact du ciel est l’étoile polaire, axe et pivot de la rotation des constellations. Cette identification de la ziggourat à l’axe polaire se retrouve dans la dénomination de la ziggourat de Babylone, ”maison du fondement du ciel et de la terre” car c’est effectivement l’axe polaire qui par sa position centrale et sa fonction de pivot cosmique constitue le fondement du ciel et de la terre.
in Patrick Negrier (le temple et sa symbolique)

Mircea Eliade

images » Tout microcosme, toute région habitées a ce qu’on pourrait appeler un Centre, c’est à dire un lieu sacré par excellence.(…) Toutes les civilisations orientales, Mésopotamie, Inde, Chine, connaissent un nombre illimité de centres. Mieux encore, chacun de ces centres est même appelé littéralement « centre du monde ».(…) C’est dans un tel espace que l’on touche directement au sacré, soit matérialisé dans certains objets soit manifesté dans les symboles hiéro-cosmiques ( pilier du monde, arbre cosmique…)
Mircea Eliade, in Images et symboles, Gallimard-1952

un centre du monde néolithique ?

Il existe aussi un site archéologique qui a été découvert ces dernières années (2003), qui n’a été fouillé que sur un dixième à peine de sa surface et qui recèle un bon paquet d’énigmes. Transportons-nous tout au nord de l’Ecosse, dans l’archipel des Orcades. Là se trouve un site infiniment plus vieux que Stonehenge appelé  « Ness de Brodgar », à égale distance d’un immense cercle de pierres dressées, le « cercle de Brodgar », le cromlech de Stennes et le tumulus funéraire de Maeshowe. Entre autres découvertes, à l’intérieur même de cette immense enceinte circulaire, se dresse en  son centre parfait une pierre (orthostat ). Cette pierre, placée au centre de l’enceinte, elle même au confluent de sites importants, eux-mêmes au centre d’un lieu cultuel vraisemblablement très fameux (en témoigent des objets votifs venus pour certains de très loin )en fait un axis mundi, un axe du monde, un centre spirituel, en tout un centre du monde néolhitique…ness

Rodolphe de Fulda

images Truncum quoque ligni non parvae magnitudinis in altum erectum sub divo colebant, patria eum lingua Irminsul appellantes, quod Latine dicitur universalis columna, quasi sustinens omnia.
Il y avait aussi un tronc d’arbre d’une taille peu commune, dressé verticalement, qu’ils (les Saxons) vénéraient en plein air, et qu’ils appelaient dans leur langue « Irminsul », qu’on peut rendre en latin par « pilier du monde », comme s’il soutenait toutes choses.
(« De miraculis sancti Alexandri »,chap.3) irminsul

Widukind

images Moi, Widukind, roi des Saxons, affirme que nous nous sommes vaillamment battus contre les Francs de Charlemagne. Nous autres, Saxons, avant la conquête de la Saxe par les chrétiens, au VIII° siècle, nous vénérions dans nos forêts un arbre géant* que nous appelions dans notre langue Irminsul. Il était dédié au dieu de la guerre et il supportait le poids du ciel. Il a fallu les campagnes sanglantes de Charlemagne contre notre nation durant trente années pour abattre et détruire notre arbre sacré en 772.

*frêne ? chêne ?
Widukind

 

Stèles et rafistèles

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lIC Tous ces récits de poteaux sacrés, de dieux-piliers, de déesses qui portent le monde, ça m’a bien plu. En rentrant à la maison, je me suis attelé moi aussi à dresser des stèles tout autour de chez moi. Les païens faisaient avec ce qui leur tombait sous la main, les matériaux locaux je suppose. J’ai fait pareil avec tout ce que j’ai pu récupérer. Un concentré de basse technologie. L’important, c’est l’intention. Mais est-ce que toute cette manutention me rapprochera du centre ?

mandala sacré, sacré mandala

le-secretaire
La divinité tibétaine Lalachakra se trouve en centre d’un mandala considéré comme son palais sacré. Le centre où elle est assise est la matrice, le tout à partir duquel chaque chose se manifeste. Après les rites, le mandala complexe éxécuté avec du sable de différentes couleurs obtenues en boyant des pierres précieuses est détruit. Ainsi il est possible d’illustrer le caractère éphémère de toutes choses. (…)Le terme mandala vient d’un mot sanskrit signifiant « cercle ». Quant au point central du mandala, il s’appelle “bindu” en sanskrit “goutte”, “semence”.

Monique P.

images Je vois dans votre recherche centripète l’image de l’ourouboros serpentiforme dont l’orbe incarne, dit-on, l ‘éternel retour, début et fin de toutes choses soudés, le renouveau perpétuel, mort et renaissance sans fin ; à moins que tout ne finisse par retourner se fondre dans le chaos primitif fondateur. Vaste et profond sujet qui reléve aussi bien de spéculations neo-platoniciennes, de l’hermétisme , de l’alchimie, perpétuelle croissance du corpus selon les apports successifs, perpétuel rajeunissement du corps du serpent selon ses mues…Je pourrais aussi y voir, plus simplement, l’image d’un autre cercle parfait rayonnant autour d’un centre : les roues de votre vélocipède. Cette fin justifie les moyeux…
Ouroboros

lIC Oh oh, voici un mythe qui n’est pas sans queue ni tête. C’est bien joli, cette histoire de serpent qui se mord la queue mais tôt ou tard il va rencontrer de sérieux problèmes de digestion. Quant à moi, même si j’emprunte parfois des routes qui serpentent, je dois garder mon cap. Je ne vais pas suivre la piste du serpent qui se mord la queue, je m’en mordrais les doigts. Cherchons plutôt du coté de la littérature.

René Daumal

images Très haut et très loin dans le ciel, par dessus et par delà les cercles successifs des pics de plus en plus élevés, des neiges de plus en plus blanches, dans un éblouissement que l’oeil ne peut supporter, invisible par excès de lumière, se dresse l’extrême pointe du Mont Analogue. Là, au sommet plus aigü que la plus fine aiguille, seul se tient celui qui remplit tous les espaces. Là-haut, dans l’air le plus subtil où tout gèle, seul subsiste le cristal de la dernière stabilité. Là-haut, en plein feu du ciel où tout brûle, seul subsiste le perpétuel incandescent.Là, au centre de tout, est celui qui voit chaque chose accomplie en son commencement et sa fin. C’est ce que chantent ici les montagnards. Cela est. (…) Avec un groupe de camarades, je partais à la recherche de la Montagne qui est la voie unissant la terre au ciel. Et voici que nous avons abordé au continent inconnu, noyau de substances supérieures implanté dans la croûte terrestre, protégé des regards de la curiosité et de la convoitise par la courbure de son espace. par nos calculs- ne pensant à rien d’autre, par nos désirs- laissant tout autre espoir, par nos efforts, -renonçant à toute aise, nous avons forcé l’entrée de ce nouveau monde.
(Le Mont Analogue-Gallimard)

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photo Marc Miquel

Philippe Assié

images Il se balance pas mal d’intox à ce sujet. J’ai même entendu dire que c’était une île, un genre d’Atlantide. A Toulouse l’hiver dernier il y avait des gens qui te vendaient des cartes, style carte de pirates, tu vois…l’ile au trésor…Ca puait l’arnaque à plein nez. Tu devais trouver l’ïle du poisson solaire puis prendre la piste du gnome farceur puis celle de l’herbe bleue en tournant autour de la pyramide aux Schtroumpfs…remarque, le plan il est génial quand t’y penses, surtout que si ça se trouve ce truc n’existe même pas. (l’empreinte du lézard- ed. Gingko)

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encore un centre de la terre

le-secretaireSans avoir la prétention d’être exhaustif, il faut tout de même que je signale à l’Intrépide un autre centre de la terre dont m’informe Télérama (3473) par analogie évidente avec son illustre ainé inventé par Jules Verne. Il s’agirait de la chambre magmatique du Thrihnukagigur (à vos souhaits ), volcan éteint (encore heureux ) à 20 km au sud de Reykjavik.

Umberto Eco

 

images Et à la fin, Grand Dieu, j’ai vu. j’ai vu comme l’apôtre, j’ai vu le centre de mon Aleph d’où transparaissait non pas le monde infini mais les fragments épars de mes souvenirs. Ainsi la neige sur le sol se descelle et ainsi au vent dans les feuilles légères réaffleure la sentence de la Sybille.
( la mystérieuse flamme de la reine Loana)

Michel Serres

images L’univers au centre, Terre ou Soleil, comme la puissance ou le commandement font un roi et la connaissance un Dieu (…) nous rions désormais des révolutions qui changèrent si souvent de centre et que nous appelions décentrements. Qu’il s’agisse de la Terre ou du Soleil, du sujet ou de l’objet, du moi ou du non-moi, qu’importent ces distinctions puisqu’elles supposent toutes et toujours un centre, quelque position qu’on lui assigne, quelque nom qu’on lui donne et quelque mouvement qu’il commande (…) le terme même de révolution le suppose.
( L’incandescent )

ronde

Isidore Ducasse, comte de Lautréamont

images“Leur instinct les porte à se rapprocher toujours du centre du peloton, tandis que la rapidité de leur vol les emporte sans cesse au-delà; en sorte que cette multitude d’oiseaux, ainsi réunie par une tendance commune vers le point aimanté, allant et venant sans cesse, circulant et se croisant en tous sens, forme une espèce de tourbillon fort agité, dont la masse entière, sans suivre de direction bien certaine, parait avoir un mouvement général d’évolution sur elle-même, résultant des mouvements particuliers de circulation propres à chacune de ses parties, et dans lequel le centre, tendant perpétuellement à se développer, mis sans cesse pressé, repoussé par l’effort contraire des lignes environnantes qui pèsent sur lui, est constamment plus serré qu’aucune de ces lignes, lesquelles le sont elles-mêmes d’autant plus qu’elles sont plus voisines du centre. Malgré cette singulère manière de tourbillonner, les étourneaux n’en fendent pas moins, avec une vitesse rare, l’air ambiant, et gagnent sensiblement à chaque seconde, un terrain précieux pour le terme de leurs fatigues et le but de leur pélerinage.

Lautréamont, chants de Maldoror, 5°chant.neigelautreamont

Paris au centre…des poètes ?

…Dans un brouillard de feu je crois voir ce grand rêve.
La Tour où nous voilà dans ce cercle s’élève ;
En le traçant jadis, c’est ici, n’est-ce pas,
Que Dieu même a posé le centre du compas ?
Le vertige m’enivre, et sur mes yeux il pèse.
Vois-je une Roue ardente, ou bien une Fournaise ? »
Oui, c’est bien une Roue ; et c’est la main de Dieu
Qui tient et fait mouvoir son invisible essieu.
Vers le but inconnu sans cesse elle s’avance.
On la nomme PARIS, le pivot de la France.
Quand la vivante Roue hésite dans ses tours,
Tout hésite et s’étonne, et recule en son cours.
Les rayons effrayés disent au cercle : « Arrête. »
Il le dit à son tour aux cercles dont la crête
S’enchâsse dans la sienne et tourne sous sa loi.
L’un le redit à l’autre ; et l’impassible roi,
Paris, l’axe immortel, Paris, l’axe du monde…etc

Alfred de Vigny

Lanza del Vasto

images Le géomètre fou entreprit de tracer un cercle sur sa feuille blanche.Il posa avec soin la pointe de son compas au centre de la feuille
puis commença à tracer son cercle en éclatant de rire. Au fur et à mesure qu’il décrivait son cercle, il devenait de plus en plus soucieux.
Lorsqu’il eut refermé complètement le cercle, il éclata en sanglots. Ainsi sommes-nous tous, nous qui rions pour un enfant qui nait et pleurons la mort de notre mère.

le cycliste perdu

lICMoi, je viens juste de finir de lire un livre qui s’intitule “le cycliste perdu”. J’aime bien les livres de la littérature cycliste, parce que ça me donne des idées de prochains voyages et surtout quand ça finit bien. Ici ce n’est pas le cas car le cycliste perdu n’est toujours pas retrouvé. Alors, un autre cycliste s’élance à la recherche du cycliste perdu. Celui-là revient heureusement, sinon il n’y aurait personne pour écrire ce livre. Ou bien il faudrait qu’un troisième cycliste, appelons-le C, s’élance à la poursuite du cycliste B qui lui -même est à la recherche du cycliste A. On n’en finirait pas. Ca ferait comme une caravane de cyclistes à la poursuite les uns des autres. Remarquez, c’est un peu ça une course contre la montre. Bref, sans vous dévoiler ni les roues ni la fin, on ne retrouve pas le cycliste perdu parce qu’il est mort assassiné. Personnellement, ce que je craignais avant tout avant de lire ce livre c’était de crever sur la route. Mais je voulais juste parler de mon pneu. Je vous prêterai mon livre “le cycliste perdu” dès que je l’aurai retrouvé.

Jacques Henri Lartigue

JH Lartigue

images Ici j’ai photographié la chute de Simone. C’était à Rouzat, en Auvergne, le 16 septembre 1913. Simone est la plus jolie des jolies jeunes filles (…) elle me regarde avec des yeux si gentils que j’y pense en m’endormant, en me réveillant, et même bien éveillé! Entre nous deux, il y quelque chose si mystérieux, de si pur, de si merveilleux, de si « sans nom » que personne, surtout les gens de la Terre, ne peut comprendre(…) c’est un peu comme de la lumière ou du parfum; c’est là, ça reste là, mais on n’a besoin de rien faire pour que ça y soit.
(Jacques Henri Lartigue, journal )

images
Pour rétablir l’équilibre, voilà alors comment on procédera: on tournera le guidon du côté de la chute pendant un certain temps, mais si on tourne le guidon suffisamment vite, la force centrifuge sera bientot assez grande pour arrêter la chute et si, de plus, on tourne le guidon un peu au delà, la force centrifuge sera plus grande que la force nécessaire à l’équilibre. Le cycle sera attiré par une force horizontale qui le relèvera. Le cycliste exercé, dès que le relèvement commencera, redressera en même temps le guidon de façon que le plans des deux roues coïncide lorsque le plan moyen sera redevenu vertical.
Carlos Bourdet

François Bayrou

images Il n’y a pas de centre droit ou de centre gauche. Le centre n’a pas besoin d’adjectif. Le centre doit se définir par rapport à lui-même et non par rapport aux autres. Le centre n’a pas besoin qu’on le renvoie sur le côté. Le centre ne sera fort que lorsqu’il sera uni, et il ne sera uni que lorsque tous ceux qui croient au centre y auront leur place et que personne n’aura besoin de se renier. Que le centre soit le centre, qu’il s’assume, qu’il soit fier de son identité. Nous, nous disons que le centre existe. Le centre est un.

centre… de rétention administrative

images Un grand bonjour aux lecteurs des aventures de l’Intrépide Centripète. Je m’en voudrais de gâcher votre plaisir à suivre ses tribulations, mais je profite de son incursion sur le territoire de la politique pour évoquer un peu les CRA, autrement dit les centres de rétention administrative. On en parle trop peu dans les média et leur fonctionnement est loin d’être exemplaire. Ils ont pour fonction de retenir enfermés les étrangers en situation irrégulière, clandestins, sans-papiers, réfugiés politiques mais aussi parfois touristes qui ont perdu leurs documents, le temps qu’on statue sur leur cas! A l’intérieur, malgré les normes édictées, la situation est bien loin d’être brillante avec le plus souvent une surpopulation, des conditions d’hygiène et d’accès au droit non respectées, des enfants enfermés en même temps que les parents, des reconduites expéditives à la frontière, etc…Les textes prévoient une durée d’enfermement maximum de 45 jours, au delà de laquelle le Juge des Libertés doit procéder à la libération de la personne. Mais bien souvent celle-ci ne fait l’objet d’aucun suivi, repart dans la clandestinité et à l’occasion d’un contrôle de papiers peut revenir à la case départ. Nous avons réalisé un documentaire « Contre les murs » pour témoigner des conditons de vie, à la fois de ces personnes mais également du beau travail des associations comme la Cimade, RESF, GISTI et des parlementaires qui veulent bien s’investir dans ce combat pour la dignité humaine et le respect du droit d’asile. Je sais bien que ce n’est pas ce type de centre que recherche notre cycliste, mais je voulais profiter de l’occasion pour témoigner de la réalité de ces centres-là, quelque soit le bord politique. Neus V.

le-secretaireMerci pour ce témoignage qui dépasse de loin la question du centre en politique et les clivages gauche-droite. Les atteintes aux droits fondamentaux de la personne humaine posent une question universelle. Pour en revenir à la démarche de l’Intrépide Centripète, je ne pense pas qu’il cherche à s’évader égoïstement d’un monde qui lui pèse, à fuir ses responsabilités pour partir dans une quête vaine, non, je crois au contraire, même si sa trajectoire apparait un peu erratique, je crois qu’il cherche sincèrement des réponses à sa soif d’idéal. N’oublions pas qu’il a pas mal bourlingué, fréquenté des tas de milieux différents, cotoyé des gens extrêmement dissemblables, qu’il s’est cherché durant des années. Il est en train à sa façon, du moins je l’espère, de se focaliser, de se recentrer, de gagner en profondeur. Même si ça doit prendre encore pas mal de temps. Après tout, qui peut prétendre sans sourciller qu’il est enfin arrivé ?

Rama Yade

images Je plaide pour que le mot « centre » ne figure pas dans l’appellation du nouveau parti dirigé par Jean-Louis Borloo. D’une part, parce que tous ceux qui en font partie ne sont pas centristes. D’autre part, “qu’il est trop associé à des choses négatives”, la ”mollesse”, “l’absence de convictions” et “l’incapacité à dire des choses tranchées”.
l’Express- N° 3197

images Je sais pas si ça rentre dans la rubrique politique, mais j’ai été invité récemment à participer à une table ronde…sur l’économie circulaire. J’y suis pas allé. J’avais peur de tourner en bourrrique. J’espère juste que les débats ont été rondement menés.
Instant Carma

le chef d’oeuvre inconnu

le-secretaireEn 1931, Pablo Picasso réalisa cette illustration pour « le Chef d’oeuvre inconnu » de Balzac. Picasso qui n’hésite pas à dire de lui : « je ne suis pas, je précède, et comme tout tourne, cela revient au même. » Avec son habituelle intuition, il tâche de traduire en lignes, forme et rythmes le récit littéraire de Balzac. Il établit ainsi des correspondances étonnantes et profondes entre le travail d’écriture et le travail plastique. A son tour, un musicien inspiré pourrait s’emparer de l’oeuvre de Picasso, la lire comme une partition moderniste et tenter de lui donner une transcription musicale. Ainsi s’établissent ente les différents arts des passerelles fécondes. Il y aurait pour l’Intrépide, s’il voulait bien s’accorder une petite pause, un motif intéressant de réflexion, tous les chemins de la création artistique menant finalement au centre que l’on aperçoit au haut de l’image…picasso

Mark Lombardi

le-secretaireCette oeuvre de Picasso est à rapprocher du travail d’un autre artiste plus contemporain, Mark Lombardi. Une grande partie de son travail a consisté, après avoir compilé des milliers de fiches sur des personnages politiques ou d’influence, mais aussi de sociétés, des entreprises, mafias, etc… à montrer sur des graphes et diagrammes les connexions, réseaux plus ou moins occultes, organisations souterraines, qui sont à l’oeuvre pour mailler la société et illustrer le caractère labyrinthique des pouvoirs. On a pu parler à propos de son travail de « cosmogonies aristotéliciennes ou médiévales », de topographies des lieux de pouvoir. Ou comment un artiste cherche à illustrer de façon graphique des concepts résolument politiques et financiers. On n’est pas si éloigné que ça de la recherche du centre, ces tracés complexes et étranges laissent aussi la trace d’un cheminement vers une solution centrale, quelque chose comme la clé de l’énigme. Mark Lombardi se serait suicidé en 2000.

lombardi

Eva D.

images Une de mes petites filles, une adolescente soudainement dépressive, m’a demandé récemment plusieurs renseignements en rapport avec la culture du pays d’origine de son grand-père. J’ai compris qu’elle était à « la recherche de soi » et que je me devais de lui raconter ses origines.
J’ai réalisé un livre en images dans lequel je présente la longue errance de ma famille.
J’ai bien compris qu’il s’agissait là également de moi et de ma recherche du centre. J’ai parcouru le chemin qui a fait ce que je suis en parcourant l’arbre généalogique. Ses racines se trouvent dans les Sudètes, une région forestière dans les montagnes qui bordent la Bohème et la Moravie. Je suis née au bord de la Mer Baltique et j’ habite au bord de L’Océan Atlantique, pourtant je pense que je suis des terres. Je sens que là, dans les terres, est mon centre à partir duquel se sont construites des générations de défricheurs, de bûcherons, artisans et créateurs, des manuels comme moi. Je suis enracinée quelque part à l’Est de L’Europe. Cette certitude m’aide à comprendre mes créations. Quand je suis surprise de moi-même, je me dis que c’est ma partie slave et je suis réconciliée avec moi ! Je joins quelques pages du livre que j’ai réalisé à cette occasion.

la voie généalogique

le-secretaireMerci Eva pour ce superbe témoignage. Vous êtes aussi, comme tant d’autres, à la recherche de votre centre, pour vous-même et les vôtres. Ce que vous trouvez sur votre chemin nourrit visiblement une belle production artistique. Vous avez choisi d’aller vers votre propre centre par une voie, disons, généalogique. Je suppose que la quête de l’Intrépide Centripète est plutôt d’ordre géographique. En ce moment, après avoir mis ma bibliothèque sens dessus dessous pour trouver des indications littéraires, il cherche frénétiquement du côté des artistes. Mais je pense que cette inaction actuelle lui pèse et qu’il mûrit déjà son prochain voyage. Il est assez imprévisible et j’ignore encore quel sera son objectif pour demain. Et lui non plus, sans doute…

le centre des centres ?

le-secretaireL’artiste américaine Jenny Odell utilise des photographies d’éléments pris sur Internet, bateaux, avions, usines, terrains de basket, qu’elle assemble et regroupe par séries. Il en résulte une image virtuelle qui n’est pas seulement le résultat de l’addition de ces dizaines d’éléments, mais qui acquiert un sens totalement nouveau et autonome. Sur cette image « circular farms« , des dizaines de champs circulaires, chacun d’entre eux étant organisé autour d’un centre. D’où mon interrogation : et si le centre « ultime » était l’addition de plusieurs centres ? Mais cette réflexion est personnelle et d’aucune utilité pratique pour l’Intrépide Centripète.circularfarms

 

images
Grâce à un jeu complexe de miroirs, Luce Moreau ses complices font découvrir au passant d’étranges images dans le paysage. »Landmarks » est une installation d’anamorphose lumineuse mise en place dans divers paysages. Après avoir choisi un point de vue photographique auquel elle reste fidèle, l’artiste aidée de son équipe installe des jeux de miroirs qui réfléchissent les rayons du soleil en direction de l’objectif. La lumière du soleil est déviée et transformée en signal. Des formes géométriques émergent alors d’un paysage familier. Entre la source de lumière solaire et le photographe s’installe une relation, comme pour signifier que le paysage renvoie toujours à quelque chose de soi-même. Le paysage recèle toujours un jeu de miroir, l’Intrépide ne pourra manquer de le constater dans ses pérégrinations…
Isis Calvisson
 landmarks

 

vingt millions de centres artistiques

le-secretaire Pour aider le Centripète dans sa recherche méthodique du centre, j’ai cherché avec un moteur de recherche »centre d’art ». J’ai trouvé plus de deux millions quatre cent mille occurrences. En tapant »centre artistique », j’ai trouvé alors  plus de vingt millions d’occurrences.  Inutile de rapporter ces chiffres à l’Intrépide, cela lui ferait de la peine inutilement.

images
Bonjour à tous ! Moi je travaille comme animateur dans un centre particulier, un Centre d’initiation à l’environnement. Et devinez quoi ? On fait actuellement une expo sur les différents milieux. Un centre qui s’intéresse au milieu, ça devrait vous plaire, non ?
cordialement, Denis A.

vélos d’art

lICEn cherchant du côté de l’art et des artistes, mon dévoué secrétaire m’a trouvé quelques beaux vélos d’artistes. Je veux dire des oeuvres d’art à base de vélo. Ca ne me rapproche pas de mon objectif, mais ça prouve qu’un vélo peut être bien autre chose qu’un vulgaire moyen de déplacement. Le vélo a une charge esthétique considérable. Je m’en doutais. C’est d’ailleurs étonnant que dans les siècles passés, dans l’Antiquité, au Moyen-Age, voire à la Renaissance, on ne trouve pratiquement pas d’oeuvre d’art à base de vélo. A croire qu’il y a des effets de mode. J’ai mis dessous quelques échantillons de vélos d’art. Je ne connais pas les auteurs. Si vous avez des noms, je serais heureux de leur rendre cette justice.

lICCette nuit, je me suis réveillé angoissé: je partais de la circonférence et, emporté par mon élan, je dépassais le centre ! Qu’adviendra-il de moi si je ne fais pas demi-tour ? Et quand faire demi-tour ? Et où ? Réveil difficile. Et ma roue avant est à plat.

Pedro Lino

images J’ai entrepris de tracer une ligne à la surface de la planète: un trait de compas sur la mappemonde qui dessine un cercle de 43°38′ de rayon angulaire et qui a pour centre le croisement de l’Equateur et du méridien d’origine c’est à dire 0° de longitude et de latitude. Plusieurs quartiers de Marseille, ainsi que des lieux en Afrique de l’Est, au Brésil, en Espagne, Italie et Grèce sont située exactement à la même distance du point 0°: 43° 38′ de rayon angulaire. Je travaille sur les points de la ligne que j’ai imaginée, je récolte des images, je construis ce que je peux, je demande aux artistes que je rencontre d’imaginer la représentation d’un point précis, près de chez eux, avec leur concept, c’est à dire leur façon de matérialiser leurs idées en un objet qui peut être éphémère ou durable. Je garde les traces de leur action et je construis ma ligne avec ces traces. Artiste plasticien, mon ambition est de représenter le réel de l’être présent, contemporain. Etre au monde, construire la relation d’êtres, des points du monde qui ont la particularité commune de se trouver à la même distance du point d’origine de toutes les distances.

de la divine proportion

le-secretairePour l’Intrépide, une bonne façon de faire le lien entre la géométrie, science abstraite et désincarnée qu’il tente d’explorer, et l’homme serait de chercher du coté de la Renaissance et particulièrement de Léonard de Vinci. Lui et ses contemporains ont beaucoup travaillé sur les proportions, les rapports entre les nombres, la suite de Fibonacci, le nombre d’or (1,618). Pour Léonard, c’est une clé qui ouvre les portes de la philosophie, de la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, les disciplines mathématiques et les plus secrètes sciences de la vie. Il a tenté de montrer que les proportions de l’homme idéal étaient liées par des rapports géométriques. Dans le fameux « homme de Vitruve », il inscrit l’homme à la fois dans un cercle et dans un carré. Quant à son nombril, il est aussi placé par rapport au corps entier selon le nombre d’or, c’est à dire que le rapport entre la hauteur totale du corps et la hauteur du nombril est …1,618.

homme de vitruve

lICAujourd’hui, ça paraitrait étonnant d’utiliser le corps humain comme instrument de mesure. On n’achèterait plus de mètre à ruban, il n’y aurait plus de bornes au bord des routes. Vous demanderiez :
  – c’est loin tel patelin?

On vous répondrait:

– environ trois mille pieds, un peu moins si vous faites de grandes enjambées.

Vous poseriez la question:

– et pour se rendre là-bas?

-Ben, tu vas tout droit, et mardi tu tournes à gauche.

Il y aurait des tas de conséquences intéressantes. Remarquez, moi je n’ai pas attendu le système métrique. Je peux compter en tours de roue ou encore en coups de pédale si je veux. Quoique depuis l’invention du dérailleur, le fait de changer de « vitesse » influe sur la distance parcourue en un tour de pédale. La « vitesse » modifie la distance…la vitesse modifie aussi le temps, mais ça je m’en étais déjà rendu compte. Compter en morceaux d’homme, ça n’empêche pas la démesure mais ça ramène toujours à l’humain. Etrange de penser que ces gens-là s’intéressaient autant aux proportions qu’aux dimensions. Ca nous éviterait bien des bêtises surdimensionnées. Ca semble une approche plus équilibrée des choses.C’est pour ça que je me déplace à vélo. Le vélo a plus besoin d’équilibre que de distance. A quoi bon atteindre enfin mon but si je me suis perdu en route entretemps ?

l’homme, mesure de toutes choses

le-secretaireL’homme mesure de toutes choses, vous ne croyez pas si bien dire ! Depuis la plus haute antiquité, les hommes ont utilisé comme instrument de mesure la première chose qui leur tombait sous la main, leur propre corps. Ainsi le doigt, le pouce, la paume, la palme, l’empan, le pied, la coudée. Le système de mesures anglo-saxon en garde encore la trace. Bien entendu, ces mesures variaient d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, parfois même d’un village à l’autre. Elles ont varié aussi selon les époques, les religions, mais les différents éléments du corps humain forment une constante. Fait remarquable, tous ces éléments anthropométriques sont en progression géométrique. Ou pour dire les choses différement, chaque unité de mesure est égale à la somme des deux précédentes : une paume plus une palme forment un empan, une palme plus un empan un pied, un empan plus un pied forment une coudée, etc…Fait encore plus surprenant, on passe d’une mesure à l’autre en la multipliant par le nombre d’or ! Je pourrais ainsi vous dire cent finesses géométriques : en guise de mètre pliant, les maitres-maçons des cathédrales utilisaient un outil fait de plusieurs éléments de bois qu’ils appelaient « canne » ou encore une « pige » pliante constituée de cinq segments articulés, correspondant chacun à ces mesures » du corps humain : paume, palme, empan, pied, coudée. Je pourrais vous parler de la corde à treize noeuds, je pourrais…

lIC Garde les yeux fixés sur ton objectif mon garçon. Ne pas trop dériver avec cette réflexion sur les unités de mesure. Quoi qu’il arrive, le centre reste le centre, qu’on le mesure en empans, en pieds ou en mains, en bottes de sept lieues ou avec une ficelle. Les unités de mesure comptent moins que le temps que j’y mettrai.

images Ah, faire son chemin sur la terre à la vitesse de son corps, sans se laisser distraire par quelque allure métrique…D’autant que vous savez déjà, je l’espère, que le chemin parcouru vaut mieux que le but, quel qu’il soit.
Je vous envie, cher Intrépide Centripète!
Irène Castans

Isabel Cuadron

images Il y a t-il plus de centres que de périphéries? Si l’on se réfère à la géométrie, il n’y a qu’un centre pour toute une circonférence, c’est à dire un seul point central contre une infinité de points périphériques. Mieux, sur toute la surface du cercle, il n’y a qu’un point central contre une infinité de points dispersés sur cette surface. En ce sens, il est plus facile de trouver des points non-centraux que le centre. Mais il y a autant de centres que de cercles ! Je peux planter la pointe de mon compas dans une infinité de points.Isabel Cuadron

théorèmes du point fixe

imagesEn analyse, un théorème de point fixe est un résultat qui permet d’affirmer qu’une fonction f admet sous certaines conditions un point fixe. Ces théorèmes se révèlent être des outils très utiles en mathématiques, principalement dans le domaine de la résolution des équations différentielles. Le théorème du point fixe de Banach donne un critère général dans les espaces métriques complets pour assurer que le procédé d’itération d’une fonction tende vers un point fixe. Très différent, le théorème du point fixe de Brouwer n’est pas constructif : il garantit l’existence d’un point fixe d’une fonction continue définie de la boule unité fermée euclidienne sur elle-même sans apporter de méthode générale pour le trouver.
Par exemple, la fonction cosinus définie de l’intervalle [-1;1] (boule fermée de l’espace euclidien à une dimension) sur lui-même, est continue : elle doit donc y posséder un point fixe (qui vaut approximativement x=0,74 et correspond à la solution de l’équation x=cos(x))
L’équation f(x)=x s’appelle alors équation aux limites possibles.
La démonstration du résultat précédent est très facile : il suffit de passer à la limite dans l’égalité un+1=f(un) , ce qui est légitime puisque f est continu(…)Toute fonction continue d’un convexe compact de Rn dans lui-même admet un point fixe.
(…)Par exemple, si vous tournez votre café, à la fin il y a au moins une particule qui sera toujours à la même place!

Isa Coriandre (extraits trouvés sur internet )

images Une des définitions du centre est qu’il se trouve le plus loin possible des bords, à égale distance de tous les points qui composent la circonférence. On pourrait rechercher un centre de manière totalement empirique en partant de plusieurs points quelconques d’une circonférence et en se dirigeant vers l’intérieur du cercle…En fait il y a au moins deux façons possibles de s’éloigner d’une circonférence, soit en partant vers l’intérieur, soit en partant vers l’extérieur. Partir vers l’intérieur, c’est déjà savoir qu’on se trouve sur une circonférence et qu’on a une petite idée de la direction où pourrait se trouver le centre. Mais peut-être que la recherche même du centre apparait périphérique…Isabelle Chastelain

le-secretaireJe veux bien continuer à aider mon ami l’Intrépide centripète dans sa recherche du centre. Je ne vais pas l’abandonner au milieu du gué . Mais il parait noyé sous des considérations à géométrie variable qui ne font que l’embrouiller. Je le connais, c’est un garçon de grand air. Il lui faudrait une géométrie de plein vent, qui respire la poussière des chemins.

Archimède

le-secretaireTiens, j’ai dégoté une phrase du grand Archimède. Je la lui livre telle quelle. De quoi lui faire comprendre qu’il fait fausse route dans les centres géométriques :  » je démontre que la circonférence du cercle est égale au triple du diamètre augmenté d’un segment compris entre dix-soixante et onzième et un septième du diamètre. » 

velogrille

lIC Toutes ces considérations finiraient par limer mes ailes et raboter mes élans. Je sais bien qu’il a bien fallu des gens de la race des géomètres pour dessiner mon vélo, tracer mes roues, calculer mes pignons. Mais je rêve maintenant de circonférences qui se mettent à rouler, de pneus qui tournent, de cercles en mouvement. La fuite, c’est quand la circonférence entre en action !

Michel Serres

images Nous ne vivons plus ni dans les mêmes espaces ni dans les mêmes temps(…) l’espace ne connait plus de centre et chaque moment d’origine ou de bifurcation pose des problèmes redoutables. L’ordre et la rotondité du monde nous paraissent aujourd’hui aussi simplistes que le temps réduit  à une ligne. L’espace rond de l’Encyclopédie a vécu, comme les dinosaures.

Michel Serres

le-secretaireTiens, je viens de trouver à l’intention de l’Intrépide une petite curiosité géométrico-cycliste qui va certainement l’achever. Une façon de lui souffler que ce qu’il cherche ne se trouve certainement pas entre les pages d’un manuel de géométrie…

images “ La trajectoire T’ de la roue d’avant se déduit de la trajectoire T de la roue d’arrière en portant sur les tangentes à la courbe T, à partir des points de contact,
dans le sens de la marche, des longueurs égales à la longueur de la machine.”

Carlos Bourlet, docteur ès sciences mathématiques
-Traité sur l’équilibre et la trajectoire des bicycles et bicyclettes, 1892-

le-secretaire
Lorsqu’au XVI° siècle, Copernic, à la suite de Galilée, a démontré que c’était la Terre qui tournait autour du soleil et non l’inverse, cela été un énorme bouleversement. D’objet central, l’homme devenait un satellite, ce que Freud a qualifié de “blessure narcissique”. Narcissisme qui ne risque pas d’affecter notre héros !

Alice

le-secretaireALICE, c’est le nom de l’expérience menée au LHC, le collisionneur de particules du Cern enfoui à la frontière franco-suisse. Son but, recréer la “soupe primordiale” qui existait juste après le Big Bang, il y a 13,7 milliards d’années quand l’univers n’était qu’un chaos de particules élémentaires, les quarks et les gluons. Aujourd’hui, ces derniers sont collés les uns aux autres dans les protons et neutrons des noyaux atomiques. Pour les libérer, les physiciens d’Alice vont provoquer des chocs entre deux noyaux de plomb : la chaleur dégagée, cent mille fois supérieure à celle du soleil, devrait disloquer neutrons et protons. Je ne sais pas vraiment si cela peut aider l’Intrépide dans sa recherche centromaniaque, mais il ne veut négliger aucune information.

David J. Miller

images Le physicien David J. Miller, spécialiste des particules élémentaires, pour expliquer le boson de Higgs, utilise l’image d’un cocktail réunissant les membres d’un parti politique. Le champ de Higgs est comparé au groupe de personnes qui remplissent un salon de manière uniforme. Lorsqu’une personnalité politique très connue pénètre dans la pièce, elle attire les militants autour d’elle, ce qui lui donne une « masse » importante. Cet attroupement correspond au mécanisme de Higgs, c’est lui qui attribue une masse aux particules.

le boson d’Homer Simpson

Dans un épisode intitulé « La dernière invention d’Homer » daté de 1998, le célèbre père de famille – plus connu pour son amour de la bière que pour ses aptitudes en physique quantique – est sur le point de résoudre une équation permettant de calculer la masse du  boson de Higgs révèle le journaliste et physicien Simon Singh, d’après The Independant. Le boson de Higgs est une particule élémentaire de l’univers dont la découverte a permis de mieux comprendre la formation de la matière. Le Centre européen de recherche nucléaire (Cern)  a découvert le fameux boson le 4 juillet 2012, soit quatorze ans après la diffusion de l’épisode.  Mais alors comment Homer Simpson a pu s’approcher si près de l’une des découvertes les plus importantes de notre siècle ? Selon le Daily Mail, tout part de la nécessité pour David X. Cohen, un des auteurs des Simpson, de trouver une équation crédible pour l’épisode. Il demande alors à un vieux copain de classe, David Schiminovich,  astronome à l’université de Columbia. Ce dernier lui envoie une équation directement tirée de ses recherches en cours sur le boson de Higgs. Et c’est ainsi que l’équation s’est retrouvée dans un épisode des Simpson !

(d’après France Info, 05/03/2015 )

 

Yves Sirois

 

images  Le 14 juin 2012, Yves Sirois, un des responsables des l’expérience CMS du Large hadron Collider au Centre Européen de recherche nucléaire vérifie une dernière les excroissances présentes sur les graphiques affichés sur son ordinateur. A 19H 01, il envoie un e-mail à ses collègues: « we have it. Nice and clear ».Les chercheurs viennent de trouver le trésor théorisé depuis cinquante ans et recherché depuis en vain,le fameux boson de Higgs. » C’était un moment incroyable. Il y avait tant de tensions accumulées. Ca a été si compliqué. On n’avait pas la masse du boson, l’indice le plus utile pour savoir où il se cachait, il fallait le chercher partout, construire des machines capables de le détecter, s’adapter aux révolutions technologiques pendant vingt ans. C’était un pari fou! le 4 juillet, la nouvelle est annoncée officiellement. Oui, c’est sûr, à 99,9999%, le fameux boson de Higgs, la pièce manqbosonuante du puzzle construit par les physiciens pour décrire la nature, a été débusqué ! Sans le champ de Higgs, pas de masse, et la matière n’aurait pas pu s’organiser. Cocasserie naturelle, la particule était cachée dans un endroit impraticable, le Cap Horn de l’infiniment petit. « C’était le prix à payer pour le trouver. La nature a caché son trésor dans l’endroit mathématique où il y le plus de combinaisons possibles.. Maintenant, je sais que le champ de Higgs brise la symétrie de la théorie fondamentale, auto-interagit pour se donner une masse avant de la donner aux autres particules, ça veut dire que la nature est capable de créer de la masse avec rien, on peut même créer l’univers.propos recueillis par Nicolas Delesalle

images Toi et moi ici sommes entièrement formés d’atomes, qui se retrouvent sur un gros rocher tout rond avec un centre de fer à l’état liquide retenu par cette force qui t’inquiète tant connue sous le nom de gravité, qui continue sa course autour du soleil à une vitesse de cent dix mille kilomètres par heure en traversant la Voie Lactée dans un univers qui est peut être en train de tourner en rond à la vitesse de la lumière. Et à travers toute cette folle activité alors qu’on est conscient de notre sort inéluctable, qui est une très belle façon de dire qu’on va mourir un jour ou l’autre, on créé des liens, les uns avec les autres. N’est ce pas étrange ?  

du film « Un enfant pas comme les autres »t14_259x345

 

un trou noir troublant

imagesLa physique quantique ne rend pas impossible l’existence des trous noirs. Celui qui vient d’être identifié se trouve à 246 millions de milliards de kilomètres de la terre. Que sait-on sur lui? Peu de choses, hélas.Comme disent les astrophysiciens, si l’on parvient peu à peu à décrire la matière juste avant qu’elle ne franchisse l’horizon des événements, il est impossible de dire ce qui se passe ensuite. Et qu’est-ce que l’horizon des événements ? c’est la limite au-delà de laquelle il n’y a plus de retour possible pour de la matière ou de la lumière tombée dans ce trou noir. Autant dire que si la Terre venait à ête absorbée dans ce trou noir, l’Intrépide Centripète serait absorbé en même temps que sa bicyclette, il découvrirait en même temps que nous la réponse définitive à sa question, le centre auquel il aspire- pardon, dans lequel il est aspiré-, mais il n’aurait plus personne à qui le raconter.

Invader Cosmic

imagesLa courbure de l’espace-temps, c’est comme que si tu montais sur ton vélo à l’envers et que tu pédalais à reculons et que tu vas quand même de l’avenir vers le futur. Et que t’arrives avant d’être parti. Enfin du moins, c’est ce que j’ai compris.
Ivan Clouvis

Choultoun Beyli m’a dit

images En Mongolie, en 1920-1921, Ferdynand Ossendowski dans ”Bêtes, hommes et dieux” rapporte que le prince Choultoun Beyli lui aurait dit : « Ce royaume est Agarthi. Il s’étend à tous les passages souterrains du monde entier. C’est un grand royaume comptant des millions de sujets sur lesquels règne le Roi du Monde. Il connaît toutes les forces de la Nature, lit dans toutes les âmes humaines et dans le grand Livre de la Destinée. »
Ferdynand Ossendowsky

le trou du pôle

 

images J’ai trouvé cette photo prise le 23 novembre 1968 par le satellite Essa 7 à la verticale du pole Nord et qui a été publiée la première fois en juin 1970 par le magazine Flying Saucers. On y voit un gigantesque trou très insolite, bien circulaire, au bord échancré. Pourquoi a-t on enlevé, sans explication sur la photo, cette partie discoïdale du Pôle Nord ? Un internaute futé pourrait peut-être nous trouver une réponse orthodoxe acceptable à ce niveau.Voilà pourquoi cette photo aurait dû faire partie de l’ensemble des documents de la NASA classifiés Top-Secret, car en démontrant l’existence d’un trou béant à l’extrême nord de notre planète, elle contredit toutes les données scientifiques habituellement acceptées par la science officielle. Il s’agit d’un trou tellement immense que l’on arrive même pas à en voir le fond ! Or le fond de ce trou n’est pas blanc, comme devrait le refléter la couche de glace et de neige qui est supposée y rester 365 jours par an. Pourquoi ? simplement parce qu’il n’y en a pas. Et pourquoi n’y en a-t-il pas ? parce que ce trou communique avec le centre de la Terre qui est une région au climat tempéré et agréable en toutes saisons !
Ingo Creutzfeld (d’après un site internet )
le troudupole

les trous du…pôle

le-secretaireQuand on tape « trou du pôle » sur un moteur de recherche, il y a plus de quatre millions et quelques d’occurrences. Je veux bien aider l’Intrépide, mais il ne faut pas abuser de ma bonne volonté. D’ailleurs, avant d’atteindre le trou, à supposer qu’il y ait un trou, il faudrait qu’il trouve un moyen pour se déplacer à vélo sur la banquise.

l’amphibocycle, pardi !

pédalo

images Eh, vous croyez pas si bien dire! Tiens, j’ai déniché à ton intention l’amphibocycle, cette invention des années 1900 qui pourrait te rendre un fier service si la banquise venait à fondre avec le réchauffement climatique avant ton passage. Suffit d’installer ce machin flottant sous tes roues, et hop, à toi la traversée de l’Arctique par le passage du Nord-Ouest ! N’oublie de donner un coup de sonnette au passage des brise-glace ! c’est pour te montrer que tu n’as pas fini d’explorer toutes les possibilités du cyclo. T’as plus qu’à t’y mettre.
je t’embrasse,
Francis B.

Jean-Louis Etienne

JL Etienne

le-secretairele 11 mars 1986, l’explorateur Jean-Louis Etienne, le pôle-trotter, parvient seul et à pied au Pôle Nord. Sa radio lui donne sa position exacte, 89° 59’04 »soit quasiment sur le pôle. Il plante un drapeau français, boit le champagne à même la bouteille et tourne autour du drapeau. A ce moment précis, il est sur l’axe de rotation de la Terre, la Terre tourne sous ses pieds et il peut déclarer : je fais le tour du monde ! Il aime citer cette phrase de Jean-Jacques Rousseau « jamais je n’ai aussi bien pensé, n’ai autant vécu, n’ai aussi bien été moi-même que dans les longs voyages que j’ai fait seul à pied. »

les conseils du chef

images « Dans tout projet, que ce soit une expédition en terre polaire ou un simple randonnée, la persévérance est indispensable. Et il faut avoir pour soi une ambition démesurée. Car une fois que vous êtes là, vous vous dites : mais qu’est-ce que j’ai inventé là ? Vous partez par -48° le matin, vous progressez dans un labyrinthe très chaotique, les matériaux se déforment avec le froid, tout est compliqué. A chaque fois, il faut dépasser la tentation de l’abandon. La persévérance est la plus grande qualité quand on se lance dans un tel projet…mais je ne sais pas où on va la chercher. J’étais parti sur la Lune, totalement ailleurs. »
Jean Louis Etienne

Iolanda Cavalli

images Belle performance en effet de cet explorateur qui en a fait bien d’autres depuis et qui a su rester modeste. Je note au passage que s’il y avait eu un trou à la place du pôle nord, Jean-Louis Etienne n’aurait pas manqué de nous le signaler. On aurait pu mettre un grillage de protection tout autour. Mais ma vraie réflexion est la suivante : pour avoir été quelques heures sur l’axe de rotation de la terre, Jean-Louis Etienne s’est-il trouvé pour autant au centre ? Sur un plateau circulaire, on peut admetttre que l’axe de rotation se confond avec le centre. Mais sur une forme plus ou moins sphérique, où est le centre ? Pour autant, la réussite de cette aventure a dû contribuer à son équilibre ! Par ailleurs, puisque tu aimes tant les citations d’auteurs, je t’envoie celle-ci de Jules Renard:  » J’ai passé  les plus belles années de ma vie à jouer de la bicyclette. »  Iolanda Cavalli

le-secretairePour renchérir sur la réflexion de Iolanda, à savoir comment trouver le centre d’une sphère ou d’un patatoïde comme la Terre, il faut le chercher en son milieu, c’est à dire un point situé plus ou moins à égale distance de tous les points de sa surface. Toute cette littérature à propos d‘une Terre creuse et habitée en son milieu fournit à notre Intrépide Centripète du grain à moudre, ou plutot du pédalier à tourner, lui qui est perpétuellement à la recherche d‘un centre. J’ai trouvé (voir ci-après) une reproduction de ce que à quoi pourrait ressembler ce monde souterrain. Il ne manque même pas le soleil central. Mais je crois que notre héros a encore assez de bon sens pour ne pas se lancer dans une pareille aventure…

Bomarzo

images Buon giorno a tutti,
je permesse de signaler à vous un altre site très bien ésotérique qui peut intérezzer le Centripète. Que c’est una località prossima da Viterbo en Italia  et non tante loin da Roma. Le viagge se fait à Bomarzo, au fameux Bois Sacré. Qu’il a été construit à la Renaissance italienne et sont beaucoup de les choses mystérieuses, des esculptures et des autres arcanes symboliques. Sur les socles et les muralles ils sont gravés des paroles étranges:
Ogno pensiero vola / toute pensée s’efface
Voi che pel mondo gite erando vaghi / Vous qui allez errants par le monde
Di veder maraviglie alte e stupende /Pour contempler de hautes et stupéfiantes merveilles,
Venite qua, dove son faccie horrende /Venez ici ! Vous y trouverez des faces terribles
Elefanti leoni orsi orchi et draghi / Éléphants, lions, ours, orques et dragons.
Tu ch’entri qua con mente parte a parte et dimmi poi/ Toi qui entres ici, aie l’esprit de me dire
se tante meraviglie sien fatte per inganno o pur per arte /si tant de merveilles furent faites pour tromper ou purement pour l’art.
Alors oui, si le bicycliste il veut venir ici pour voir toutes les choses, moi je peux faire la visite et aussi je peux héberger dans la mienne maison. Juste faire la téléfonata primo et basta.
Ciao ciao ciao !
Iveta Chianelli

bomarzo1

le-secretaireMerci pour cette sympathique invitation à Bomarzo. Moi-même je m’y étais rendu il y a pas mal d’années de cela, c’est vrai qu’il s’en dégageait un charme indéfinissable. Mais il est vrai que je n’étais pas tout seul et que la jeune personne qui m’accompagnait n’était pas pour rien dans l’aspect romantique de la visite. Je vais toutefois ajouter Bomarzo à la liste des destinations possibles. Mais je ne pense pas que l’Intrépide soit en quête du grand frisson en se frottant à un mystère alchimico-architecturo-ésotérico-mystico-italo.J’ai l’impression que ce chapitre sur les centres occultes semble plutôt le tournebouler. Je le sens déconcerté,…déconcentré. Un comble pour quelqu’un qui cherche son centre.

J-P. Velly

imagesEntrer dedans, descendre dans ses enfers. Le plus difficile, c’est d’entrer à l’intérieur de soi-même…quand on touche le fond, on ne peut plus rien communiquer. C’est pour cela que tous les visionnaires sont des mystiques. Parce que là se découvre un langage inexprimable.
J-P. Velly

city

images Yes, yes, des labyrinthes partout  ! Tenez, pour te distraire, je envoie à toi ce petit jeu too easy. Ton cycliste intrépide s’est caché dans les rues d’une british grande ville. Sauras-tu le retrouver, sauras-tu ?
Ingram Colpett

city

le-secretaireCher monsieur, je vous sais gré de vouloir contribuer à la bonne humeur de nos lecteurs en leur proposant des petits exercices d’observation. Mais, outre que le niveau moyen de notre lectorat est sensiblement supérieur à celui d’un gamin de cours préparatoire, ce genre de témoignage ne fait qu’encombrer notre Centre de Consultation des Communications Concentriques (4XC) et n’est d’aucun secours pour faire avancer le projet du Centripète. Ceci, je le dis à l’adresse des petits plaisantins qui voudraient profiter de la notoriété de ce site pour se faire de la publicité à peu de frais avec ce genre de contribution à trois shillings six pence.

construis ton propre labyrinthe

imagesPetit homme, il ne faut pas craindre les labyrinthes. Ils sont juste à l’image de nos vies. De l’extérieur, ils nous apparaissent mystérieux et compliqués. Donc menaçants. Mais si tu as le courage d’y pénétrer et de te confronter à tes propres craintes, ils deviennent alors des parcours complexes certes, mais excitants, car ils contiennent à la fois le chemin et le but. Ils finissent sûrement par mener au centre. Pas un centre dans l’espace, mais au centre de toi-même. Dans ce cas, mon ami, tu n’auras plus besoin de ton vélo. Mais mon esprit me souffle que tu as encore pas mal de chemin à faire avant de trouver ton point d’équilibre. Avance donc en équilibre instable sur ta machine, Centripète, puisque tel est ton destin. Moi je veux te faire cadeau d’un labyrinthe porte-bonheur. Tu en seras l’artisan et tu en connaitras le secret. Ce n’est déjà pas si mal.Indiana Ca’amnetaka

Havelock Ellis

imagesVertiges! Je voyais des étendues lumineuses, couvertes de bijoux séparés ou mêlés, tantôt brillants et scintillants, tantôt émettant une lueur profonde et sourde. En même temps, j’avais l’impression d’admirer l’intérieur d’un vase profond animé d’un mouvement tournant.

Havelock Ellis (1898, sous mescaline )

images
…Nous pouvons en déduire deux préceptes : le centre du monde se situe où le Monstre en Spaghetti Volant veut bien le faire apparaître. Le centre du monde dépend du point de vue que l’on adopte.(…) le centre du monde est Notre Omnipotentialité Egocentrique. Le centre du monde révélé étant aussi issu de nous, c’est en fait nous qui sommes le centre du monde (…)Ce dernier point est d’ailleurs d’une évidence aveuglante au point qu’elle nous ait crevé les yeux sans qu’on s’en rende compte.

(extraits du site pastafarismemars.canalblog.com )

centrifugeuses

le-secretaireSelon une théorie, certains avancent que les Mayas ont calé leur calendrier sur les observations d’une bande de poussières sombres dans la Voie lactée qui, selon certains, était appelée Xibalba be ou « route noire ». Jenkins avance que les Mayas savaient où l’écliptique intersectait la route noire et donnaient à cette position du ciel une signification particulière dans leur cosmologie. Toujours selon Jenkins, la précession alignera précisément le Soleil avec l’équateur galactique lors du solstice d’hiver 201264. Jenkins avança que les Mayas avaient anticipé cette conjonction et la considérait comme le signe d’une profonde transition spirituelle pour l’humanité. Les partisans de l’alignement galactique affirment que, comme l’astrologie utilise les positions des planètes et des étoiles pour prophétiser des événements futurs, les Mayas créèrent leur calendrier avec l’objectif de se préparer à d’importants événements mondiaux. Jenkins attribue le savoir des anciens chamans mayas concernant le centre galactique à leur utilisation de champignons hallucinogènes, des bufotoxines et d’autres psychédéliques. Jenkins associe également la Xibalba avec un « arbre monde » en se basant sur les études de la cosmologie maya actuelle.
De plus, le Soleil ayant une largeur d’un demi-degré, il lui faut 36 ans pour réaliser cette précession à travers un simple point. Jenkins lui-même note que même avec sa position précise de l’équateur galactique, sa convergence la plus précise avec le centre du Soleil a déjà eu lieu en 1998 et que l’alignement galactique est concentré sur une période autour de 199869.
(d’après un site internet )

lapin à bicyclette

lICHier, j’ai essayé d’enlever mon cuissard en le passant par le haut. Aujourd’hui, je crois bien que je viens de voir passer un lapin à bicyclette. Malédiction, je suis maudit ! Pourquoi me suis-je approché trop près des centres galactiques ?

un attracteur téléologique, forcément

le-secretaireL’Univers a un attracteur téléologique à la fin des temps qui accroit l’interconnectivité qui atteindra une singularité d’une complexité infinie en 2012 lors de laquelle toutes les choses imaginables auront lieu simultanément, enfin heu… c’est Terence McKenna qui conçut cette idée dans le milieu des années 1970 alors qu’il consommait des champignons hallucinogènes et du DMT 77(N,N-diméthyltryptamine), un puissant enthéogène.

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Comment ? Intrépide, auriez-vous déjà fait le tour de la question ?
Etes-vous si sûr de n’avoir pas brûlé quelques étapes de sorte qu’au lieu de toucher au Centre vous n’en soyiez plutôt devenu Cendre ?
Allons, faites un peu le phoenix et renaissez de votre Centre. Nous brûlons de vous suivre dans l’infini de la question !
Gwenaël de B.

premier bulletin de santé de l’Intrepide

le-secretaireJe dois porter à votre connaissance que votre héros et aussi mon ami a été victime d’un petit coup, disons, de surmenage intellectuel après toutes ces révélations plus surprenantes les unes que les autres. Quelque chose comme une overdose d’informations qu’il n’a pu digérer. Il semblerait que toutes ces perspectives lui aient donné le tournis. Ces derniers jours, il n’arrivait plus à se tenir debout, encore moins à monter à vélo. Ici, on lui a fourni pour quelques jours une chambre avec un lit près de la fenêtre. J’espère que, vu sa robuste constitution, il ne devrait pas tarder à être remis sur pied. En attendant, il a ordre de garder la chambre et se nourrit exclusivement de bouillons de volaille et de Martine à la plage.

lICN’en croyez pas un mot. J’ai effectivement grillé quelques neurones à la découverte de tous ces centres parallèles. Ces centres excentriques si j’ose dire. Un vertige existentiel. Exocentré.Tous ces gens qui cherchent à leur façon…c’est émouvant, non ? Ces multiples centres qui se cherchent, se croisent, se meuvent dans l’espace infini des idées…Moi j’avais besoin de faire le point. Me mettre en retrait de ma propre aventure. Me concentrer sur mon centre à moi.Vous pouvez comprendre ça? Alors j’ai décidé de m’octroyer quelques jours pour faire un brèque. Tout va bien. Ils s’occupent tous parfaitement de moi. Pour l’alimentation, bouillon de volaille, a dit le docteur. D’accord. Mais j’ai aussi pas mal de tablettes de chocolat et des packs de bière sous le lit. Quant à “Martine à la plage”, c’était juste pour donner le change. Pour qu’on me fiche la paix. Bientôt reviendra le temps où je me pencherai à nouveau sur les cartes routières.
Voici plusieurs mois maintenant que je suis parti à la recherche du centre. Plusieurs années même si je compte tous mes voyages où je suis parti sans savoir ce que je cherchais. Sans savoir même que je cherchais. Sans chercher à savoir. Quand on part sans chercher, on risque de trouver sans savoir. Ah, je peux dire que j’en ai fait du chemin et vu du pays, et lu, et écouté tant de gens qui ont tous quelque chose à me dire de leur centre. Un sacré paquet. Je pourrais même dresser un atlas des centres. Mon repos forcé m’oblige à tout remettre à plat. Comme mes pneus. Bon moment pour faire un premier bilan.

un diagnostic

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A titre personnel, j’ai fait une analyse précise de ce cas clinique. A la lecture du carnet de voyage de l’Intrépide Centripète, je suis enclin à poser le diagnostic suivant : le patient est impatient, il manifeste une tendance évidente au déplacement, il a du mal à rester en place. Cas typique de dromomanie. Visiblement, il recherche l’effort sous forme de pédalage constant : bigorexie classique. D’autre part, il ne tient pas compte des observations pourtant sensées de son secrétaire (que je trouve bien patient, lui). Sa recherche du centre ne s’appuie pas sur un raisonnement logique, c’est de la misologie ou je ne m’y connais pas. Son souci maniaque de collectionner les centres, même s’ils ne ne lui sont d’aucune utilité, ressemble bien à un trouble obssessionnel compulsif, une forme de syllogomanie philologique. il est évident qu’il souffre également d’une forme aigüe de centrophilie galopante. Ajoutons à ce tableau chargé ses mentions de rêves où apparaissent des vélos: classique cas d’hypnocyclie. Il est aussi et de toute évidence, cyclophrène, ce qui peut être considéré comme un atout dans les descentes délicates. Je suggère pour I’Intrépide Centripète une cure prolongée de chaise longue à l’abri du soleil si possible. Et surtout d’éviter les médecins.
Docteur Ivan Chaumettes

jolis logogrammes

imagesCher Intrépide, j’ai appris récemment votre petit passage à vide et je viens vous souhaiter un prompt rétablissement. Ma mère et moi, nous suivons de près vos péripéties et il nous tarde que vous repartiez. Grâce à un site de création sympa sur internet, Tagxedo Creator, je viens de réaliser quelques logos pour illustrer votre aventure ou coller sur votre T shirt ! Bonne route !
Iasuko Catankari
IC 2

le-secretaireTenez, j’ai profité de quelques moments de loisir pour continuer ma pêche à pied comme vous dites. J’ai mis de côté à votre intention des petites graines de pensées qui peuvent vous aider dans votre propre réflexion. J’ai pensé à vous en collectant celle-ci, de Paul Valéry: “il se rassemble en un point inétendu et reste la réalité qui lui est coordonnée. Il n’appartient pas au monde, il est une limite du monde.”

lICAh ah, votre fameux humour me ramène à un peu d’humilité si besoin était. Mais je n’en ai pas vraiment besoin. J’ai dit il y a peu que j’étais parti de l’extérieur, des marges. Où que j’aille, je ne peux que me rapprocher de mon but, non ? J’ai déjà compris plusieurs choses, un, que tout le monde ne court pas après le même centre, deux, que je suis déjà au centre …de ma propre action. Continuez à m’encourager de toutes les façons possibles.

condensé de centrologie

le-secretaire
Toujours fidèle à notre mission, hier soir j’ai cherché fort tard dans l’abondant fonds documentaire du 4XC, notre Centre de Consultation des Communications Concentriques. J’ai fini par tomber sur la notion de « centrologie ». J’aurais dû me douter que quelqu’un, fatalement, y aurait pensé. Je l’ai trouvé dans un ouvrage de Jean Alphonse, « pour une métascience ». Je vous livre un bref passage pour tâcher de vous éclairer : « …la centrocomplexité, au sens teilhardien, mesure le degré de centréité auquel coïncide un niveau de complexité, réalisé à l’exocosme, en direction d’un investissement endocosmique. La centrogénèse procède de comvergences complexificatrices depuis le diversement individué. A l’opposé de la monadologie visant la connaissance de la diversification métamorphiquement individualisatrice depuis des caractères particuliers, la centrologie étudie les relation synergiques et synthétisatrices à permettre la finalisation constitutive de l’Univers vu ainsi qu’un tout insécable, unitaire, et non comme le contenant d’une totalité des parties mises en relation… » Je n’ai pas jugé bon d’en faire part à l’Intrépide. Il est encore convalescent. Sait-on jamais. Une rechute…

« 

Gwenaël D.

imagesEtymologiquement, le centre vient du substantif grec « kentron », de genre neutre, qui a pour sens premier « tout ce qui sert à piquer ». (Bailly -1078)
Qui voit là se pointer le compas du géomètre dardant sa neutralité mathématique pour ciconscrire un espace dont le tracé conquérant est un encerclement du pic à partir du pic se plante car il n’est pas question de s’enraciner mais bien de « piquer ». Aussi l’aiguillon du pâtre sur les flancs de son troupeau est-il par nature plus centripète que le compas du géomètre au cadastre circonférocement centrifuge (imaginez un peu qu’il rompît sa chaîne : pfuit ! à cent lieues le pourtour !)
Est-ce à dire que le sédentaire cherche à fuir le centre tandis que le nomade le vise ? En terme de clairvoyance le second paraît mieux outillé que le second, trop attaché contre son gré.
Voilà une piste à explorer : comment le nomade voit-il le centre ? M’est avis que l’Intrépide Centripète devrait interroger les gens du voyage sur un centre à la belle étoile.

à Gwenaël

le-secretaireGrand merci, Gwenaël, pour cette intervention érudite et ciblée…et pointue ! Le fait que l’étymologie du centre révèle le mot piquant n’en manque pas, de piquant. Il est vrai qu’il y a quelque temps, l’Intrépide lui-même se comparait à une flèche dardée sur sa cible. Sans vouloir aucunement le vexer, sa vitesse est sensiblement inférieure à celle d’une flèche. Mais il est vrai qu’il ne connait rien de la distance qui le sépare du centre. Nous pouvons retenir la leçon du rapport des nomades au centre. En fait,les peuples nomades sont gyrovagues, se déplacent toujours à l’intérieur d’un espace fini, celui de leurs nécessités : troupeaux, points d’eau, transhumances… Exemple grossier : un Peul, même nomade, n’ira jamais mener ses bêtes manger les lichens du Groenland. L’intrépide, du moins au départ, n’est pas nomade. Il explique qu’il vient des marges, de la périphérie,d’un ailleurs. Il ne devient nomade que par nécessité dans sa recherche du centre. Pour reprendre à notre compte votre comparaison, il mène son troupeau de rêves jusqu’à l’ultime pâturage, là où l’herbe est si grasse qu’il n’aura plus jamais besoin d’en partir…

le prince des archers

imagesLà-bas on raconte volontiers l’histoire suivante : l’Empereur qui était un fameux archer et particulièrement fier de son art entendit un jour parler d’un archer exceptionnel qui le surpassait en précision. L’Empereur curieux entreprit de monter une expédition pour rencontrer ce fameux champion, que l’on disait très agé de surcroit et dont le réputation semblait éclipser la sienne. Après plusieurs semaines d’un voyage pénible9-archers, la troupe arriva dans un village reculé des montagnes. Effectivement, accrochés aux arbres un peu partout on voyait des cibles de paille ou de bois avec toujours une flèche impeccablement plantée au beau milieu de chacune d’elles. L’Empereur s’enquit de cet archer merveilleux. On lui indiqua un vieillard qui prenait le soleil sur le pas de porte de sa masure. l’Empereur se présenta et sans détours lui demanda de connaitre le secret de son art. Le vieillard répondit malicieusement : Majesté, c’est pourtant fort simple. Je plante d’abord la flèche, puis je dessine soigneusement le cercle tout autour.

 

Ibn Caloun

imagesdervicheJ’aime cette idée du mouvement circulaire que représente la roue. Regardez, elle semble tourner sans fin sur elle-même autour de son moyeu. Mais c’est lorsqu’elle est livrée à elle-même, uniquement mûe par la main qui la fait tourner. Posez-la au sol, lancez-la de la main comme un cerceau ou entrainez cette roue au moyen d’une chaine et voici qu’en tournant sur elle-même, elle se met à se déplacer à la surface du sol. Son mouvement circulaire d’origine se transforme en déplacement linéaire ! La roue fait un tour complet sur elle-même. Seul l’imbécile dit : c’est un tour pour rien, puisqu’elle est revenue à sa position de départ. Car dans le même temps, elle s’est déplacée de quelques mètres ! Résumons: un mouvement cyclique qui parait sans raison; au centre même du moyeu, quelques atomes pratiquement immobiles; à la périphérie, des milliers de kilomètres ! quelle belle illustration de la course des planètes ! Le cycliste sur son vélo mime la course des étoiles. Imite le mouvement des astres. Les derviches de la tradition soufie, qui n’ont pas de vélo à leur disposition, évoquent à peu près la même chose avec leurs danses spiralées (sama ) qui exprime à la fois le mouvement et la verticale, le centre et la mutation du centre par le changement. Derviches-cyclistes, même combat !
Ibn Caloun

 

les danseurs d’IBn Caloun

le-secretaireEncore merci pour votre si intéressante contribution ! J’aime cette comparaison de la roue avec les astres, du mouvement orbital des planètes avec la giration des roues. J’aime cette analogie du cycliste avec la danse. D’ailleurs, ne dit -on pas « pédaler en danseuse » ? Le cycliste, juché sur son vélo, actionnant avec ses muscles des roues, des pignons, des plateaux, des engrenages, rejoint la grande famille des danseurs. Ballerines mécaniques. Ballet de manivelles. Chorégraphie de l’espace. Balistique du plaisir. Circulation du vivant. Tout ce beau monde qui virevolte, s’agite, tourbillonne, s’arrache pour quelques instants à l’attraction terrestre, imite le mouvement brownien des moucherons dans le soleil, de la poussière dans un rai de lumière, des millions de milliards de particules célestes dans l’univers !

les danseurs d’Ibn Caloun (2)

lICMoi, je retiens dans votre précieuse intervention deux notions contradictoires et complémentaires.
D’abord que le centre se déplace avec le danseur. Il est muable et dynamique, il change à chaque instant de position au gré des figures. Mais il n’en demeure pas moins centre, pivot des pas du danseur, centre de gravité de son corps. D’ailleurs, le corps du danseur ne peut quitter son centre de gravité sans courir le risque de tomber. Je trouve tout de suite l’analogie avec ma roue de vélo : mon vélo se déplace dans l’espace et donc l’axe de ma roue se déplace aussi. Tout à l’heure je passais à couvert des grands bois, maintenant je roule au soleil, tout à l’heure il sera appuyé contre un mur tandis que je serai attablé à la terrasse…Mais en même temps, l’axe n’a jamais cessé d’être le centre de la roue.
Il faut que je tire de ces observations toutes les conséquences utiles pour la suite de mon voyage…

le-secretaireMoi, j’en tire une conclusion sensiblement différente : quels que soient ses efforts et ses rotations et ses mouvements circulaires, jamais la circonférence ( la  jante) n’atteint le centre (le moyeu) . Sauf en cas d’accident très brutal. Il est tentant de faire le parallèle avec la situation actuelle de l’Intrépide, toujours mobile, toujours dynamique, mais toujours aussi physiquement ex-centré. Faut-il lui avouer mes craintes ?

Wu-chi

imagesIl est intéressant de constater que dans d’autre cultures, le cercle, même au repos, n’a pas la même signification. Dans la philosophie taoïste, « au début le monde était un vide infini dénommé Wu-chi. On le figurait par un cercle délimité par des pointillés. De ce vide émergèrent l’agir, l’action, le yang représenté par un cercle blanc et le non-agir, l’inaction, le yin représenté par un cercle noir. » (d’après C.A.Simkins)
Iolanda Cavalli

l’odeur de la charogne

imagesEst-ce l’aimant qui attire la limaille de fer ?
Ou bien la limaille qui attire l’aimant ?
Est-ce l’odeur de la charogne qui attire le chacal ?
Ou bien le chacal qui attire l’odeur de la charogne ?
Intrépide, est-ce le centre qui t’attire ?
Ou bien est-ce toi qui attire les centres ?

Idrissa Calembaye

désirs de centre

imagesTout être humain tend, même inconsciemment, vers le « Centre » et vers son propre centre qui lui confère la réalité intégrale, la « sacralité ». Ce désir profondément enraciné dans l’homme de se trouver au coeur même du réel, au Centre du Monde, là où se fait la communication avec le ciel explique l’usage immodéré des « centres du Monde ».(…) L’itinéraire qui conduit au Centre est semé d’obstacles et pourtant chaque cité, chaque temple se trouve au Centre de l’Univers.(..) Tout ceci semble montrer que l’homme ne peut vivre que dans un espace sacré, dans le « Centre« .(…) une certaine situation humaine que nous pourrions appeler la nostalgie du paradis. Nous entendons par là le désir de se trouver toujours et sans effort au Centre du Monde, au coeur de la réalité et, en raccourci, de dépasser d’une manière naturelle la condtion humaine et de recouvrer la condition divine…
Mircea Eliade in Images et Symboles p.69-70 op.cit.)

« Images et Symboles »

le-secretaireDe façon générale, Mircea Eliade, en philosophe des religions, développe de manière magistrale ce thème du Centre dans « le Mythe de l’Eternel Retour » et plus encore dans son ouvrage « Images et Symboles » paru chez Gallimard en 1952 et rédité en 1980 (collection Tel ) avec une préface de Georges Dumézil. Pour plus d’informations, le lecteur curieux se reportera directement à cet ouvrage (pages 47-72). Moi je n’ai pas jugé bon d’en fournir trop d’extraits à l’Intrépide Centripète. Il est encore convalescent. Ce qui lui faut, c’est une infusion de grand air et des piqûres à base de rayons de bicyclette !

l’Intrépide monte sur les planches

le-secretaireMais, vous l’aurez noté je l’espère, notre Intrépide se sent nettement mieux ces derniers temps. Je pense qu’il est en train de retrouver toutes ses facultés mentales et sa forme physique. Récemment il a même été convié en Ille et Vilaine, à la Station-Théatre, à expliquer son aventure et la partager sur scène avec deux comédiens pour le public. Il semblait déjà en grande forme.Augustes-Pédales

et l’ hélice

lICEn cours de route et moyennant un petit détour, je suis allé saluer Monsieur Sauvage. La plaque précise qu’il est l’inventeur boulonnais « universellement connu pour avoir appliqué le principe de l’hélice à la navigation maritime« . Cela me fournit l’occasion d’une réflexion technico-philosophique circulaire : ma roue de vélo tourne dans la même direction que ma direction générale. Alors que l’hélice, elle, est perpendiculaire à la marche du bateau. Et ça fonctionne quand même. Je ne sais si vous me suivez. Et je réalise alors que les pales de l’hélicopère, elles, tournent encore dans un autre plan par rapport à l’engin et ça marche aussi. Finalement, je me dis, du moment que ça tourne et que ça brasse du vent ou de la route ou de l’eau, les choses avancent. Tant que ça vire, y a de l’espoir !
11-Sauvage.

lIC  Je ne crois pas que ce genre d’aventure ait besoin de se mesurer en kilomètres. J’aimerais arriver à laisser de côté tous les chiffres qui ne sont pas strictement indispensables à ma survie, l’âge, le poids, la durée, les longueurs et les prix. A quelle distance sommes-nous de notre propre vie ? Laissez-moi plutôt vous présenter quelques photographies prises au cours de mon périple.

centre cochon

imagesJe ne vous laisserai pas mariner plus avant dans le doute quand bien même votre secrétaire vous fait croire que vous êtes sur la bonne voie en multipliant ses injonctions à vous recentrer sur l’espace géographique national alors que le centre de la France n’est pas en France mais en Bretagne. Je l’ai découvert la semaine dernière à Guéméné sur Scorff, parmi une foule fébrile qui fêtait l’andouille.
J’étais à bicyclette, revenant de Concarneau vers La Mézière(…)
Donc, pédalant dans le boyau principal ascendant de ce chef lieu de canton, je fus progressivement arrêté par une impénétrable concentration de public et dus mettre pied à terre sans plus avancer d’un pouce. Affluait ici une foule incroyablement diverse. On eût dit que le monde entier s’y était donné rendez-vous : Bigoudènes supportant droitement le calvaire de leur coiffe, chamanes mongols dansant la gavotte, familles endimanchées suivant les pianos à bretelles, vendeurs ambulants de saucissons, de gâteaux, de ballons et touristes anglais délaissant la succion de la crème glacée pour l’élastique mastication de l’andouille. Car tous ces gens, pris d’une soudaine passion pour la charcuterie de boyaux concentriques qui faisait le ravissement du Père Ubu, s’étaient donné rendez-vous à Guéméné sur Scorff pour en célébrer l’importance capitale.
S’il faut trancher la question du centre, armons-nous de notre démonte-pneu et voyons comment ici, au milieu approximatif d’une ligne qui traverse la Bretagne d’ouest en est, à l’endroit où elle s’épaissit d’une concentration spectaculaire de porcheries, elles veut bien se présenter au pauvre cycliste que je suis, confronté à l’inertie des foules piétonnes après avoir échappé au fumet kilométrique du lisier.
Du bout crochu de notre instrument, attrapons l’extrémité de l’appendice caudal d’un de ces innombrables mammifères roses et pansus et tirons-la : que se passe-t-il ? L’hélice soyeuse se tend pour former une ligne droite qui passe par tous les centres des circonvolutions naturelles qu’elle formait avant que nous la saisissions. Si nous la relâchons, elle reprend immédiatement sa forme d’origine, et son extrémité pointue indique l’échappée de l’axe, résolument tournée vers l’extérieur, à l’opposé de son postérieur. Ainsi, selon le cochon, le centre est ce qui lui est antérieur, le passé en quelque sorte. Et le passé de Guéméné, c’est le paradis du cochon, avant que l’on industrialise son jambon dans les abattoirs concentr…ationnaires que l’on connaît aujourd’hui.
Maintenant, dénions aux industriels de l’alimentaire le privilège de tuer des masses de porcs pour engraisser le capital et boucher les artères de nos contemporains et faisons-nous l’humble artisan de sa charcuterie en enfilant ses boyaux les uns dans les autres, à commencer par le plus étroit jusqu’au plus périphérique. Si nous tranchons le cylindre ainsi réalisé, plus connu sous le nom d’andouille, avant que nous ne la fumions, nous trouvons que le centre est grêle, c’est à dire en d’autres termes, humble et fragile, tout serré et contraint par les plus gros boyaux.
Nous savons donc maintenant qu’en plus de se trouver dans le passé, le centre est aussi prolétaire, et qui plus est, je vous le rappelle, en Bretagne.
Je vous invite donc à faire marche arrière sur votre bicyclette à pignon fixe pour remonter le temps et l’espace en direction de Guéméné sur Scorff et trouver ainsi l’humilité requise pour votre quête du centre , n’en déplaise à votre jacobin secrétaire dans son Etat centralisé.
Je rajouterai en outre que, si l’on rapproche la superficie de l’altitude, la commune de Guéméné, qui culmine de ses 117 hectares à 118 mètres au dessus du niveau de la mer, réalise un presque carré cubique digne de concentrer toute votre attention.
Vous pouvez bien entendu publier cette contribution dans votre journal de bord.
Gwenaël de B.

fais pas l’andouille

le-secretaire
Mon cher Gwenaël, ici même, une sérieuse mise au point s’impose. Historique tout d’abord. Primo, doit-on vous rappeler que le duché de Bretagne a été réuni à la couronne de France en 1547 ? Depuis, on est en droit de considérer que la Bretagne dont vous vous faites le chantre non sans talent fait désormais partie du territoire français. Deuxio, vos explications embarrassées sur la nature centripète du cochon finissent en eau de boudin. En cherchant bien, on pourrait trouver quelques points communs entre le cochon et le vélo : il y a bien une queue de peloton. Mais celle-ci n’est jamais en tire-bouchon. D’autre part, les cyclistes d’antan utilisaient aussi des boyaux. Mais ce n’est plus le cas …soulet. En outre, vos calculs fumeux sur le cube que formerait Guéméné au dessus du niveau de la mer défie tout bon sens. Je vous le concède, certains cyclistes se comportent comme des porcs, en jetant à tout vent leurs bidons vides et autres emballages. Honnêtement les seuls rapports…cheries que j’ai pu trouver entre le cochon et le vélo, c’est un pouêt-pouêt de gamin et cette photo insolite d’un cochon porté par un cycliste, le contraire étant tout à fait inenvisageable. Aussi, Gwenaël, ne saurais-je trop vous inviter à l’avenir à faire preuve d’un peu plus de sérieux dans vos propositions, faute de quoi je serai obligé de les jeter directement au fumier et, avec tout le respect que je te dois, arrête de faire l’andouille.
13-porte-cochon
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Vialatte l’inévitable

imagesOn m’a beaucoup reproché d’avoir exagéré l’altitude du puy de Dôme dans un ouvrage sur le Massif central ( je lui ai donné 100 mètres de trop). Il y a là quelque ingratitude. La mariée n’est jamais trop belle. Voilà longtemps que le puy de Dôme était trop petit. Je ne plaiderai pas l’incompétence, qui est pourtant la meilleure excuse. Je soupçonne, au contraire, mes critiques de n’être jamais montés au puy de Dôme. S’ils l’avaient fait à bicyclette, comme je le fis, pendant deux ans, trois à quatre fois par semaine, ils se seraient bien vite aperçus qu’il est beaucoup plus haut qu’on ne le pense. En revanche, à la descente, il est beaucoup plus petit. Il faut établir une moyenne. Elle reste très supérieure au chiffre machinal de nos géographies.[…]
Encore est-ce voir les choses matérialistement. Il est, pour les montagnards, une altitude morale. Le puy de Dôme, moralement, est bien plus haut que lui-même. Historiquement, le puy de Dôme est plus grand que le mont Blanc. Où alors, que fait-on d’Astérix, de Gergovie, de Vercingétorix ? Ils valent bien Guillaume Tell. Ce qui n’empêche pas les Suisses de regarder le puy de Dôme de très haut. N’hésitons pas à lui donner mille ou deux mille mètres de plus. Il faut impressionner les Suisses. Nous aurons pour nous la morale et le commerce y gagnera. […]Quant à moi, je mourrai satisfait, ayant doté le pays de mes aïeux de la plus haute de ses montagnes.
Alexandre Vialatte

son centre à elle

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Mon centre à moi, c’est un point situé parmi les pâquerettes de mon carré de verdure tarnais, d’où s’envolent à tire-d’aile de joyeuses pensées vers tous ceux et celles chers à mon coeur, qu’ils soient ici ou ailleurs, ou au-delà des mers et des océans. Véronique B.

mediolanon

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Si vous le permettez, je souhaiterais apporter un éclairage historique dans votre travail si intéressant sur les centres. En effet, bien avant que la France que vous sillonnez n’existe, des peuples gaulois s’étaient établis sur ce territoire. Ils possédaient des cités au centre de vastes étendues. C’est ce qu’on appelait des médiolanums. Le mediolanum- ou mediolanon- des Gaules se trouvait en pays carnute ( aujourd’hui Chartres ). Certains historiens ont cru pouvoir le situer à Saint Benoit Sur Loire (Loiret ) pour plusieurs raisons : Saint Benoit est en pays carnute, à la limite des peuples Senons, Eduens et Bituriges, à égale distance du lac de Constance (Celtie orientale ), du raz de Sein (Celtie occidentale ), des bouches de la Garonne (Celtie septentrionale) et de la vallée de la Garonne ( limites de l’Aquitaine ibère), au centre d’un triangle où ont été découvertes de nombreuses traces de cultes païens : Neuvy en Sullias, Bonnée, Bouzy…L’actuelle basilique de Saint Benoit contient un grand nombre de symboles préchrétiens qui présente une parenté frappante avec des symboles celtiques.

Ismaël Constant, d’après Olivier Launay, la civilisation des Celtes

le-secretaire
Et pour faire bonne mesure, ajoutons que selon Gilles le Bouvier, héraut de Charles VII, la Loire coule au milieu du royaume, qui a une forme de losange en ce milieu du XV° siècle. Encore merci messieurs pour votre précieux apport historique. Mais notre héros et mon ami ne peut se satisfaire de centres passés. Il appuie sur ses pédales à la recherche de concret. J’ai encore bien d’autres propositions à lui faire, mais je crains de le saturer une fois de plus.

fractalement

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Il est aisé de définir le centre d’un cercle quand on connait sa circonférence. C’est à peu près aussi facile quand il s’agit d’un polygone régulier. Mais quand il s’agit d’un territoire qui n’a pas de forme géométrique définie ? La recherche du centre devient un problème autrement plus complexe. Quels points de la périphérie choisir, quelles formules ? Benoit Mandelbrot dans les années soixante-dix émet la théorie des fractales. Il remarque que la longueur des côtes atlantiques varie considérablement d’un manuel à l’autre, d’un atlas à l’autre.Tout dépend de l’échelle utilisée. Si l’on réduit la France à un hexagone, la formule est vite trouvée. Si l’on prend l’échelle kilométrique, il faudra tenir compte des baies, des golfes, presqu’îles, tombolos, rias. Marée haute ou marée basse ? Si l’on prend l’échelle décamétrique, le géodésien contourne chaque port, chaque cap, chaque falaise. Si l’on opte pour l’échelle métrique, on mesure chaque rocher, brisant, seuil, blockaus abandonné. La longueur s’allonge d’autant. Si l’on fractionne la mesure à l’échelle centimétrique, millimétrique, c’est chaque grain de sable qu’il faudra mesurer. La théorie des fractales nous annonce une longueur de côtes comprise entre, mettons, trois mille kilomètres…et l’infini. Bonne chance !
Isa Chamayou

lIC
Assez de centres ! Basta ! N’en jetez plus ! Voici maintenant près de trois semaines que je sillonne les routes du Cher et de l’Allier sur vos conseils. Ah, je peux dire que j’en ai vu des bleds et des patelins et des lieux dits et des petites routes de campagne. J’en aurai mangé du pays ! Et tout cela pour voir des lieux improbables et controversés. Vos scientifiques ne sont pas fichus de s’accorder sur un centre bien officiel, incontestable, qu’on n’aurait plus qu’à bétonner et éclairer la nuit. Je vous l’avoue, je pédale dans le flou. Je ne vous dis pas cela pour vous raconter ma vie ( après le récit autobiographique, le récit cyclobiographique ), je vous dis tout ça parce qu’à ce jour, je me pose de
13-flicssacrées questions. D’ailleurs, je vais finir par me faire remarquer. Peut-être arrêter pour espionnage de centre ?

 

Franklin et le centre

Oh yeah ! En fait, l’histoire ne se termine pas abruptement. Car les correspondants de l’Intrépide continuent  à chercher pour lui des informations- contradictoires et divergentes- sur l’existence d’un centre des centres. Aujourd’hui, c’est Christian L. qui me fait parvenir cette planche des Fabulous Freak Brothers où le héros file en combi Volskwagen … vers le centre pardi !

FBcentre

et le lac Hövsgöl ?

J’ai trouvé chez l’auteur Antoine Volodine, dans « Des anges mineurs », la mention d’un centre du monde inédit :
« une partie d’entre elles*, avec à sa tête Laetitia Scheidmann, prit la route de la capitale pour m »appréhender. Les dernières m’attendaient sur les lieux où le tribunal siègerait, pas très loin du centre du monde, dans les parages du lac Hövsgöl. En attendant l’arrivée de l’hypothétique convoi pénitentiaire… » Evidemment, connaissant la formidable capacité d’invention de l’auteur, j’étais convaincu que le site n’existait pas. Renseignements pris, c’est un immense lac sacré de Mongolie.

* les grand-mères

Long et le cercle

L’artiste Richard Long, un des chefs de file du land art :  » J’aime les cercles et le lignes, non pas à cause de je ne sais quel formalisme, mais parce que j’aime cette puissance… » Ailleurs, pour lui,  » le cercle est un système ouvert qui peut capter n’importe quelle idée et qui peut être réalisé de multiples manières :  » je peux faire une marche en cercle, je peux faire un cercle de pierres, je peux faire un cercle avec de la boue, je peux faire un cercle de mots ». (cité par Kenneth White)

ombilicologies

Le conteur Yannick Jaulin, avec quelques compères, est à l’origine du conssèpte «Pougne-Hérisson, nombril du monde». Ces joyeux facétieux en ont même tiré un bouquin intitulé avec beaucoup d’à-propos « le nombril du monde» (Gestes éditions). On  y trouvera une foultitude de centres du monde, que même certains je les avais pas encore répertoriés (mais ça n’allait pas tarder ). Voici donc, livrés en pâture à mes nombreux lecteurs, ces nouveaux centres :

  • V.I.T.R.I.O.L. Visita Interiora Terrae Rectifiandoque Invenies Occultum Lapidem, « découvre l’intérieur de la terre et, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée (des sages)»
  • l’ile d ‘Ogygie, qu’Homère nomme  «nombril du monde»
  • le temple de Jérusalem (on trouve un omphalos près du Saint-Sépulcre)
  • le mont Ararat (où aurait échoué l’arche de Noé)
  • le mont Thabor viendrait de « tabur » qui signifie nombril
  • le « hout-ben-ben » la demeure de Ben-Ben qui, à Héliopolis dans l’Egypte ancienne, renfermait une pierre conservée comme relique; elle matérialisait le sperme pétrifié d’Atoum qui se créa lui-même,
  • l’arbre de Bodh-Gaya au pied duquel le Bouddha reçut l’illumination,
  • l’île de Malekula aux Nouvelles Hébrides,
  • l’ancienne cité de Bet-El, l’antique Betehl, à 6 kilomètres au nord de Ramallah. Elle fut le théâtre du songe de Jacob, qui vit descendre du ciel une échelle, lien symbolique entre la terre des hommes et la demeure divine, promesse du Paradis.
  • Mexico qui en langue quechua veut dire «nombril de lune»
  • p’têt mêm’ l’étoile polaire qui, dans les poésies scandinaves, est un nombril de ciel…

et aussi le Yak

Le Yak, alias Claude Marthaler, cycliste impénitent et littérateur accompli ( «zen ou l’art de pédaler», «l’insoutenable légèreté de la bicyclette», «le chant des roues» , etc…me fournit un centre de plus pour ma collection : en hindi, prétend-il, le mot « Bharat»qui désigne l’Inde signifie aussi nombril du monde…

Göbleki Tepe, nombril du monde

Göbleki Tepe en turc, Girî bi navkê mendixka en kurde, le site archéologique mégalithique le plus ancien découvert (fin du Mésolithique, environ 10000 ans BC, environ 70 siècles avant les pyramides d’Egypte ) se trouve  en Anatolie. Total respect. Et savez-vous ce que signifie cette dénomination ? la colline du nombril ! Peut-être bien que c’est à cause de la forme de la colline, mais moi je crois y voir encore un autre nombril du monde… L’illustration qui suit n’est qu’une interprétation d’artiste.maxresdefault

l’alphabet génère le centre

Les premières instructions pratiques pour créer un « golem »peuvent être trouvées dans les commentaires médiévaux du Sefer Yetzirah (Le Livre de la Création). Dans ces « recettes de golem « , les combinaisons de lettres de l’alphabet hébreu avec les lettres de dieu jouent un rôle central. Parfois les instructions sont accompagnées de diagrammes cosmologiques, de cartes ou de roues de lettres indiquant les configurations précises des lettres ou les constellations célestes requises pour l’acte magique de création. Quand une personne accomplit ces acte d’incarnation, même de petites erreurs peuvent avoir de graves conséquences et la recette échoue. (tiré du Musée Juif de Berlin )

kommentar-sefer-jezira-contentimagelégende de l’illustration: commentaires sur le Sefer Yetzidah attribué à Saadia Gaon (882-942).Cette transcription est contenue dans un manuscrit espagnol du XIV° siècle.