pistolets de cycliste

pistolet de cycliste

le-secretairePour l’Intrépide pas si intrépide que ça qui craindrait d’être assassiné sur son vélo, j’ai trouvé dans une collection privée ces deux armes originaires de Belgique dits « pistolets de cycliste ». Elles datent des années 1880, sont de calibre 6mm et témoignent que les routes d’alors étaient encore moins sûres !

le-secretaire
Un texte sumérien cité par André Parrot identifie la ziggourat “à un temple comme un astre au milieu du ciel.” Or le seul astre qui occupe le milieu exact du ciel est l’étoile polaire, axe et pivot de la rotation des constellations. Cette identification de la ziggourat à l’axe polaire se retrouve dans la dénomination de la ziggourat de Babylone, ”maison du fondement du ciel et de la terre” car c’est effectivement l’axe polaire qui par sa position centrale et sa fonction de pivot cosmique constitue le fondement du ciel et de la terre.
in Patrick Negrier (le temple et sa symbolique)

mandala sacré, sacré mandala

le-secretaire
La divinité tibétaine Lalachakra se trouve en centre d’un mandala considéré comme son palais sacré. Le centre où elle est assise est la matrice, le tout à partir duquel chaque chose se manifeste. Après les rites, le mandala complexe éxécuté avec du sable de différentes couleurs obtenues en boyant des pierres précieuses est détruit. Ainsi il est possible d’illustrer le caractère éphémère de toutes choses. (…)Le terme mandala vient d’un mot sanskrit signifiant « cercle ». Quant au point central du mandala, il s’appelle “bindu” en sanskrit “goutte”, “semence”.

le-secretaireMerci pour ce témoignage qui dépasse de loin la question du centre en politique et les clivages gauche-droite. Les atteintes aux droits fondamentaux de la personne humaine posent une question universelle. Pour en revenir à la démarche de l’Intrépide Centripète, je ne pense pas qu’il cherche à s’évader égoïstement d’un monde qui lui pèse, à fuir ses responsabilités pour partir dans une quête vaine, non, je crois au contraire, même si sa trajectoire apparait un peu erratique, je crois qu’il cherche sincèrement des réponses à sa soif d’idéal. N’oublions pas qu’il a pas mal bourlingué, fréquenté des tas de milieux différents, cotoyé des gens extrêmement dissemblables, qu’il s’est cherché durant des années. Il est en train à sa façon, du moins je l’espère, de se focaliser, de se recentrer, de gagner en profondeur. Même si ça doit prendre encore pas mal de temps. Après tout, qui peut prétendre sans sourciller qu’il est enfin arrivé ?

le chef d’oeuvre inconnu

le-secretaireEn 1931, Pablo Picasso réalisa cette illustration pour « le Chef d’oeuvre inconnu » de Balzac. Picasso qui n’hésite pas à dire de lui : « je ne suis pas, je précède, et comme tout tourne, cela revient au même. » Avec son habituelle intuition, il tâche de traduire en lignes, forme et rythmes le récit littéraire de Balzac. Il établit ainsi des correspondances étonnantes et profondes entre le travail d’écriture et le travail plastique. A son tour, un musicien inspiré pourrait s’emparer de l’oeuvre de Picasso, la lire comme une partition moderniste et tenter de lui donner une transcription musicale. Ainsi s’établissent ente les différents arts des passerelles fécondes. Il y aurait pour l’Intrépide, s’il voulait bien s’accorder une petite pause, un motif intéressant de réflexion, tous les chemins de la création artistique menant finalement au centre que l’on aperçoit au haut de l’image…picasso

Mark Lombardi

le-secretaireCette oeuvre de Picasso est à rapprocher du travail d’un autre artiste plus contemporain, Mark Lombardi. Une grande partie de son travail a consisté, après avoir compilé des milliers de fiches sur des personnages politiques ou d’influence, mais aussi de sociétés, des entreprises, mafias, etc… à montrer sur des graphes et diagrammes les connexions, réseaux plus ou moins occultes, organisations souterraines, qui sont à l’oeuvre pour mailler la société et illustrer le caractère labyrinthique des pouvoirs. On a pu parler à propos de son travail de « cosmogonies aristotéliciennes ou médiévales », de topographies des lieux de pouvoir. Ou comment un artiste cherche à illustrer de façon graphique des concepts résolument politiques et financiers. On n’est pas si éloigné que ça de la recherche du centre, ces tracés complexes et étranges laissent aussi la trace d’un cheminement vers une solution centrale, quelque chose comme la clé de l’énigme. Mark Lombardi se serait suicidé en 2000.

lombardi

la voie généalogique

le-secretaireMerci Eva pour ce superbe témoignage. Vous êtes aussi, comme tant d’autres, à la recherche de votre centre, pour vous-même et les vôtres. Ce que vous trouvez sur votre chemin nourrit visiblement une belle production artistique. Vous avez choisi d’aller vers votre propre centre par une voie, disons, généalogique. Je suppose que la quête de l’Intrépide Centripète est plutôt d’ordre géographique. En ce moment, après avoir mis ma bibliothèque sens dessus dessous pour trouver des indications littéraires, il cherche frénétiquement du côté des artistes. Mais je pense que cette inaction actuelle lui pèse et qu’il mûrit déjà son prochain voyage. Il est assez imprévisible et j’ignore encore quel sera son objectif pour demain. Et lui non plus, sans doute…

le centre des centres ?

le-secretaireL’artiste américaine Jenny Odell utilise des photographies d’éléments pris sur Internet, bateaux, avions, usines, terrains de basket, qu’elle assemble et regroupe par séries. Il en résulte une image virtuelle qui n’est pas seulement le résultat de l’addition de ces dizaines d’éléments, mais qui acquiert un sens totalement nouveau et autonome. Sur cette image « circular farms« , des dizaines de champs circulaires, chacun d’entre eux étant organisé autour d’un centre. D’où mon interrogation : et si le centre « ultime » était l’addition de plusieurs centres ? Mais cette réflexion est personnelle et d’aucune utilité pratique pour l’Intrépide Centripète.circularfarms

 

vingt millions de centres artistiques

le-secretaire Pour aider le Centripète dans sa recherche méthodique du centre, j’ai cherché avec un moteur de recherche »centre d’art ». J’ai trouvé plus de deux millions quatre cent mille occurrences. En tapant »centre artistique », j’ai trouvé alors  plus de vingt millions d’occurrences.  Inutile de rapporter ces chiffres à l’Intrépide, cela lui ferait de la peine inutilement.

de la divine proportion

le-secretairePour l’Intrépide, une bonne façon de faire le lien entre la géométrie, science abstraite et désincarnée qu’il tente d’explorer, et l’homme serait de chercher du coté de la Renaissance et particulièrement de Léonard de Vinci. Lui et ses contemporains ont beaucoup travaillé sur les proportions, les rapports entre les nombres, la suite de Fibonacci, le nombre d’or (1,618). Pour Léonard, c’est une clé qui ouvre les portes de la philosophie, de la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, les disciplines mathématiques et les plus secrètes sciences de la vie. Il a tenté de montrer que les proportions de l’homme idéal étaient liées par des rapports géométriques. Dans le fameux « homme de Vitruve », il inscrit l’homme à la fois dans un cercle et dans un carré. Quant à son nombril, il est aussi placé par rapport au corps entier selon le nombre d’or, c’est à dire que le rapport entre la hauteur totale du corps et la hauteur du nombril est …1,618.

homme de vitruve

l’homme, mesure de toutes choses

le-secretaireL’homme mesure de toutes choses, vous ne croyez pas si bien dire ! Depuis la plus haute antiquité, les hommes ont utilisé comme instrument de mesure la première chose qui leur tombait sous la main, leur propre corps. Ainsi le doigt, le pouce, la paume, la palme, l’empan, le pied, la coudée. Le système de mesures anglo-saxon en garde encore la trace. Bien entendu, ces mesures variaient d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, parfois même d’un village à l’autre. Elles ont varié aussi selon les époques, les religions, mais les différents éléments du corps humain forment une constante. Fait remarquable, tous ces éléments anthropométriques sont en progression géométrique. Ou pour dire les choses différement, chaque unité de mesure est égale à la somme des deux précédentes : une paume plus une palme forment un empan, une palme plus un empan un pied, un empan plus un pied forment une coudée, etc…Fait encore plus surprenant, on passe d’une mesure à l’autre en la multipliant par le nombre d’or ! Je pourrais ainsi vous dire cent finesses géométriques : en guise de mètre pliant, les maitres-maçons des cathédrales utilisaient un outil fait de plusieurs éléments de bois qu’ils appelaient « canne » ou encore une « pige » pliante constituée de cinq segments articulés, correspondant chacun à ces mesures » du corps humain : paume, palme, empan, pied, coudée. Je pourrais vous parler de la corde à treize noeuds, je pourrais…

le-secretaireJe veux bien continuer à aider mon ami l’Intrépide centripète dans sa recherche du centre. Je ne vais pas l’abandonner au milieu du gué . Mais il parait noyé sous des considérations à géométrie variable qui ne font que l’embrouiller. Je le connais, c’est un garçon de grand air. Il lui faudrait une géométrie de plein vent, qui respire la poussière des chemins.

Archimède

le-secretaireTiens, j’ai dégoté une phrase du grand Archimède. Je la lui livre telle quelle. De quoi lui faire comprendre qu’il fait fausse route dans les centres géométriques :  » je démontre que la circonférence du cercle est égale au triple du diamètre augmenté d’un segment compris entre dix-soixante et onzième et un septième du diamètre. » 

le-secretaireTiens, je viens de trouver à l’intention de l’Intrépide une petite curiosité géométrico-cycliste qui va certainement l’achever. Une façon de lui souffler que ce qu’il cherche ne se trouve certainement pas entre les pages d’un manuel de géométrie…

le-secretaire
Lorsqu’au XVI° siècle, Copernic, à la suite de Galilée, a démontré que c’était la Terre qui tournait autour du soleil et non l’inverse, cela été un énorme bouleversement. D’objet central, l’homme devenait un satellite, ce que Freud a qualifié de “blessure narcissique”. Narcissisme qui ne risque pas d’affecter notre héros !

Alice

le-secretaireALICE, c’est le nom de l’expérience menée au LHC, le collisionneur de particules du Cern enfoui à la frontière franco-suisse. Son but, recréer la “soupe primordiale” qui existait juste après le Big Bang, il y a 13,7 milliards d’années quand l’univers n’était qu’un chaos de particules élémentaires, les quarks et les gluons. Aujourd’hui, ces derniers sont collés les uns aux autres dans les protons et neutrons des noyaux atomiques. Pour les libérer, les physiciens d’Alice vont provoquer des chocs entre deux noyaux de plomb : la chaleur dégagée, cent mille fois supérieure à celle du soleil, devrait disloquer neutrons et protons. Je ne sais pas vraiment si cela peut aider l’Intrépide dans sa recherche centromaniaque, mais il ne veut négliger aucune information.

les trous du…pôle

le-secretaireQuand on tape « trou du pôle » sur un moteur de recherche, il y a plus de quatre millions et quelques d’occurrences. Je veux bien aider l’Intrépide, mais il ne faut pas abuser de ma bonne volonté. D’ailleurs, avant d’atteindre le trou, à supposer qu’il y ait un trou, il faudrait qu’il trouve un moyen pour se déplacer à vélo sur la banquise.

Jean-Louis Etienne

JL Etienne

le-secretairele 11 mars 1986, l’explorateur Jean-Louis Etienne, le pôle-trotter, parvient seul et à pied au Pôle Nord. Sa radio lui donne sa position exacte, 89° 59’04 »soit quasiment sur le pôle. Il plante un drapeau français, boit le champagne à même la bouteille et tourne autour du drapeau. A ce moment précis, il est sur l’axe de rotation de la Terre, la Terre tourne sous ses pieds et il peut déclarer : je fais le tour du monde ! Il aime citer cette phrase de Jean-Jacques Rousseau « jamais je n’ai aussi bien pensé, n’ai autant vécu, n’ai aussi bien été moi-même que dans les longs voyages que j’ai fait seul à pied. »

le-secretairePour renchérir sur la réflexion de Iolanda, à savoir comment trouver le centre d’une sphère ou d’un patatoïde comme la Terre, il faut le chercher en son milieu, c’est à dire un point situé plus ou moins à égale distance de tous les points de sa surface. Toute cette littérature à propos d‘une Terre creuse et habitée en son milieu fournit à notre Intrépide Centripète du grain à moudre, ou plutot du pédalier à tourner, lui qui est perpétuellement à la recherche d‘un centre. J’ai trouvé (voir ci-après) une reproduction de ce que à quoi pourrait ressembler ce monde souterrain. Il ne manque même pas le soleil central. Mais je crois que notre héros a encore assez de bon sens pour ne pas se lancer dans une pareille aventure…

le-secretaireMerci pour cette sympathique invitation à Bomarzo. Moi-même je m’y étais rendu il y a pas mal d’années de cela, c’est vrai qu’il s’en dégageait un charme indéfinissable. Mais il est vrai que je n’étais pas tout seul et que la jeune personne qui m’accompagnait n’était pas pour rien dans l’aspect romantique de la visite. Je vais toutefois ajouter Bomarzo à la liste des destinations possibles. Mais je ne pense pas que l’Intrépide soit en quête du grand frisson en se frottant à un mystère alchimico-architecturo-ésotérico-mystico-italo.J’ai l’impression que ce chapitre sur les centres occultes semble plutôt le tournebouler. Je le sens déconcerté,…déconcentré. Un comble pour quelqu’un qui cherche son centre.

le-secretaireCher monsieur, je vous sais gré de vouloir contribuer à la bonne humeur de nos lecteurs en leur proposant des petits exercices d’observation. Mais, outre que le niveau moyen de notre lectorat est sensiblement supérieur à celui d’un gamin de cours préparatoire, ce genre de témoignage ne fait qu’encombrer notre Centre de Consultation des Communications Concentriques (4XC) et n’est d’aucun secours pour faire avancer le projet du Centripète. Ceci, je le dis à l’adresse des petits plaisantins qui voudraient profiter de la notoriété de ce site pour se faire de la publicité à peu de frais avec ce genre de contribution à trois shillings six pence.

centrifugeuses

le-secretaireSelon une théorie, certains avancent que les Mayas ont calé leur calendrier sur les observations d’une bande de poussières sombres dans la Voie lactée qui, selon certains, était appelée Xibalba be ou « route noire ». Jenkins avance que les Mayas savaient où l’écliptique intersectait la route noire et donnaient à cette position du ciel une signification particulière dans leur cosmologie. Toujours selon Jenkins, la précession alignera précisément le Soleil avec l’équateur galactique lors du solstice d’hiver 201264. Jenkins avança que les Mayas avaient anticipé cette conjonction et la considérait comme le signe d’une profonde transition spirituelle pour l’humanité. Les partisans de l’alignement galactique affirment que, comme l’astrologie utilise les positions des planètes et des étoiles pour prophétiser des événements futurs, les Mayas créèrent leur calendrier avec l’objectif de se préparer à d’importants événements mondiaux. Jenkins attribue le savoir des anciens chamans mayas concernant le centre galactique à leur utilisation de champignons hallucinogènes, des bufotoxines et d’autres psychédéliques. Jenkins associe également la Xibalba avec un « arbre monde » en se basant sur les études de la cosmologie maya actuelle.
De plus, le Soleil ayant une largeur d’un demi-degré, il lui faut 36 ans pour réaliser cette précession à travers un simple point. Jenkins lui-même note que même avec sa position précise de l’équateur galactique, sa convergence la plus précise avec le centre du Soleil a déjà eu lieu en 1998 et que l’alignement galactique est concentré sur une période autour de 199869.
(d’après un site internet )

un attracteur téléologique, forcément

le-secretaireL’Univers a un attracteur téléologique à la fin des temps qui accroit l’interconnectivité qui atteindra une singularité d’une complexité infinie en 2012 lors de laquelle toutes les choses imaginables auront lieu simultanément, enfin heu… c’est Terence McKenna qui conçut cette idée dans le milieu des années 1970 alors qu’il consommait des champignons hallucinogènes et du DMT 77(N,N-diméthyltryptamine), un puissant enthéogène.

premier bulletin de santé de l’Intrepide

le-secretaireJe dois porter à votre connaissance que votre héros et aussi mon ami a été victime d’un petit coup, disons, de surmenage intellectuel après toutes ces révélations plus surprenantes les unes que les autres. Quelque chose comme une overdose d’informations qu’il n’a pu digérer. Il semblerait que toutes ces perspectives lui aient donné le tournis. Ces derniers jours, il n’arrivait plus à se tenir debout, encore moins à monter à vélo. Ici, on lui a fourni pour quelques jours une chambre avec un lit près de la fenêtre. J’espère que, vu sa robuste constitution, il ne devrait pas tarder à être remis sur pied. En attendant, il a ordre de garder la chambre et se nourrit exclusivement de bouillons de volaille et de Martine à la plage.

le-secretaireTenez, j’ai profité de quelques moments de loisir pour continuer ma pêche à pied comme vous dites. J’ai mis de côté à votre intention des petites graines de pensées qui peuvent vous aider dans votre propre réflexion. J’ai pensé à vous en collectant celle-ci, de Paul Valéry: “il se rassemble en un point inétendu et reste la réalité qui lui est coordonnée. Il n’appartient pas au monde, il est une limite du monde.”

condensé de centrologie

le-secretaire
Toujours fidèle à notre mission, hier soir j’ai cherché fort tard dans l’abondant fonds documentaire du 4XC, notre Centre de Consultation des Communications Concentriques. J’ai fini par tomber sur la notion de « centrologie ». J’aurais dû me douter que quelqu’un, fatalement, y aurait pensé. Je l’ai trouvé dans un ouvrage de Jean Alphonse, « pour une métascience ». Je vous livre un bref passage pour tâcher de vous éclairer : « …la centrocomplexité, au sens teilhardien, mesure le degré de centréité auquel coïncide un niveau de complexité, réalisé à l’exocosme, en direction d’un investissement endocosmique. La centrogénèse procède de comvergences complexificatrices depuis le diversement individué. A l’opposé de la monadologie visant la connaissance de la diversification métamorphiquement individualisatrice depuis des caractères particuliers, la centrologie étudie les relation synergiques et synthétisatrices à permettre la finalisation constitutive de l’Univers vu ainsi qu’un tout insécable, unitaire, et non comme le contenant d’une totalité des parties mises en relation… » Je n’ai pas jugé bon d’en faire part à l’Intrépide. Il est encore convalescent. Sait-on jamais. Une rechute…

« 

à Gwenaël

le-secretaireGrand merci, Gwenaël, pour cette intervention érudite et ciblée…et pointue ! Le fait que l’étymologie du centre révèle le mot piquant n’en manque pas, de piquant. Il est vrai qu’il y a quelque temps, l’Intrépide lui-même se comparait à une flèche dardée sur sa cible. Sans vouloir aucunement le vexer, sa vitesse est sensiblement inférieure à celle d’une flèche. Mais il est vrai qu’il ne connait rien de la distance qui le sépare du centre. Nous pouvons retenir la leçon du rapport des nomades au centre. En fait,les peuples nomades sont gyrovagues, se déplacent toujours à l’intérieur d’un espace fini, celui de leurs nécessités : troupeaux, points d’eau, transhumances… Exemple grossier : un Peul, même nomade, n’ira jamais mener ses bêtes manger les lichens du Groenland. L’intrépide, du moins au départ, n’est pas nomade. Il explique qu’il vient des marges, de la périphérie,d’un ailleurs. Il ne devient nomade que par nécessité dans sa recherche du centre. Pour reprendre à notre compte votre comparaison, il mène son troupeau de rêves jusqu’à l’ultime pâturage, là où l’herbe est si grasse qu’il n’aura plus jamais besoin d’en partir…

les danseurs d’IBn Caloun

le-secretaireEncore merci pour votre si intéressante contribution ! J’aime cette comparaison de la roue avec les astres, du mouvement orbital des planètes avec la giration des roues. J’aime cette analogie du cycliste avec la danse. D’ailleurs, ne dit -on pas « pédaler en danseuse » ? Le cycliste, juché sur son vélo, actionnant avec ses muscles des roues, des pignons, des plateaux, des engrenages, rejoint la grande famille des danseurs. Ballerines mécaniques. Ballet de manivelles. Chorégraphie de l’espace. Balistique du plaisir. Circulation du vivant. Tout ce beau monde qui virevolte, s’agite, tourbillonne, s’arrache pour quelques instants à l’attraction terrestre, imite le mouvement brownien des moucherons dans le soleil, de la poussière dans un rai de lumière, des millions de milliards de particules célestes dans l’univers !

le-secretaireMoi, j’en tire une conclusion sensiblement différente : quels que soient ses efforts et ses rotations et ses mouvements circulaires, jamais la circonférence ( la  jante) n’atteint le centre (le moyeu) . Sauf en cas d’accident très brutal. Il est tentant de faire le parallèle avec la situation actuelle de l’Intrépide, toujours mobile, toujours dynamique, mais toujours aussi physiquement ex-centré. Faut-il lui avouer mes craintes ?

« Images et Symboles »

le-secretaireDe façon générale, Mircea Eliade, en philosophe des religions, développe de manière magistrale ce thème du Centre dans « le Mythe de l’Eternel Retour » et plus encore dans son ouvrage « Images et Symboles » paru chez Gallimard en 1952 et rédité en 1980 (collection Tel ) avec une préface de Georges Dumézil. Pour plus d’informations, le lecteur curieux se reportera directement à cet ouvrage (pages 47-72). Moi je n’ai pas jugé bon d’en fournir trop d’extraits à l’Intrépide Centripète. Il est encore convalescent. Ce qui lui faut, c’est une infusion de grand air et des piqûres à base de rayons de bicyclette !

l’Intrépide monte sur les planches

le-secretaireMais, vous l’aurez noté je l’espère, notre Intrépide se sent nettement mieux ces derniers temps. Je pense qu’il est en train de retrouver toutes ses facultés mentales et sa forme physique. Récemment il a même été convié en Ille et Vilaine, à la Station-Théatre, à expliquer son aventure et la partager sur scène avec deux comédiens pour le public. Il semblait déjà en grande forme.Augustes-Pédales

fais pas l’andouille

le-secretaire
Mon cher Gwenaël, ici même, une sérieuse mise au point s’impose. Historique tout d’abord. Primo, doit-on vous rappeler que le duché de Bretagne a été réuni à la couronne de France en 1547 ? Depuis, on est en droit de considérer que la Bretagne dont vous vous faites le chantre non sans talent fait désormais partie du territoire français. Deuxio, vos explications embarrassées sur la nature centripète du cochon finissent en eau de boudin. En cherchant bien, on pourrait trouver quelques points communs entre le cochon et le vélo : il y a bien une queue de peloton. Mais celle-ci n’est jamais en tire-bouchon. D’autre part, les cyclistes d’antan utilisaient aussi des boyaux. Mais ce n’est plus le cas …soulet. En outre, vos calculs fumeux sur le cube que formerait Guéméné au dessus du niveau de la mer défie tout bon sens. Je vous le concède, certains cyclistes se comportent comme des porcs, en jetant à tout vent leurs bidons vides et autres emballages. Honnêtement les seuls rapports…cheries que j’ai pu trouver entre le cochon et le vélo, c’est un pouêt-pouêt de gamin et cette photo insolite d’un cochon porté par un cycliste, le contraire étant tout à fait inenvisageable. Aussi, Gwenaël, ne saurais-je trop vous inviter à l’avenir à faire preuve d’un peu plus de sérieux dans vos propositions, faute de quoi je serai obligé de les jeter directement au fumier et, avec tout le respect que je te dois, arrête de faire l’andouille.
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Et pour faire bonne mesure, ajoutons que selon Gilles le Bouvier, héraut de Charles VII, la Loire coule au milieu du royaume, qui a une forme de losange en ce milieu du XV° siècle. Encore merci messieurs pour votre précieux apport historique. Mais notre héros et mon ami ne peut se satisfaire de centres passés. Il appuie sur ses pédales à la recherche de concret. J’ai encore bien d’autres propositions à lui faire, mais je crains de le saturer une fois de plus.

et le lac Hövsgöl ?

le-secretaireJ’ai trouvé chez l’auteur Antoine Volodine, dans « Des anges mineurs », la mention d’un centre du monde inédit :
« une partie d’entre elles*, avec à sa tête Laetitia Scheidmann, prit la route de la capitale pour m »appréhender. Les dernières m’attendaient sur les lieux où le tribunal siègerait, pas très loin du centre du monde, dans les parages du lac Hövsgöl. En attendant l’arrivée de l’hypothétique convoi pénitentiaire… » Evidemment, connaissant la formidable capacité d’invention de l’auteur, j’étais convaincu que le site n’existait pas. Renseignements pris, c’est un immense lac sacré de Mongolie.

* les grand-mères

Long et le cercle

le-secretaireL’artiste Richard Long, un des chefs de file du land art :  » J’aime les cercles et le lignes, non pas à cause de je ne sais quel formalisme, mais parce que j’aime cette puissance… » Ailleurs, pour lui,  » le cercle est un système ouvert qui peut capter n’importe quelle idée et qui peut être réalisé de multiples manières :  » je peux faire une marche en cercle, je peux faire un cercle de pierres, je peux faire un cercle avec de la boue, je peux faire un cercle de mots ». (cité par Kenneth White)

Göbleki Tepe, nombril du monde

le-secretaireGöbleki Tepe en turc, Girî bi navkê mendixka en kurde, le site archéologique mégalithique le plus ancien découvert (fin du Mésolithique, environ 10000 ans BC, environ 70 siècles avant les pyramides d’Egypte ) se trouve  en Anatolie. Total respect. Et savez-vous ce que signifie cette dénomination ? la colline du nombril ! Peut-être bien que c’est à cause de la forme de la colline, mais moi je crois y voir encore un autre nombril du monde… L’illustration qui suit n’est qu’une interprétation d’artiste.
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l’alphabet génère le centre

le-secretaireLes premières instructions pratiques pour créer un « golem »peuvent être trouvées dans les commentaires médiévaux du Sefer Yetzirah (Le Livre de la Création). Dans ces « recettes de golem « , les combinaisons de lettres de l’alphabet hébreu avec les lettres de dieu jouent un rôle central. Parfois les instructions sont accompagnées de diagrammes cosmologiques, de cartes ou de roues de lettres indiquant les configurations précises des lettres ou les constellations célestes requises pour l’acte magique de création. Quand une personne accomplit ces acte d’incarnation, même de petites erreurs peuvent avoir de graves conséquences et la recette échoue. (tiré du Musée Juif de Berlin )

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légende de l’illustration: commentaires sur le Sefer Yetzidah attribué à Saadia Gaon (882-942).Cette transcription est contenue dans un manuscrit espagnol du XIV° siècle.

symboliques du centre, suite

le-secretaire » Le centre est l’un des quatre symboles fondamentaux avec le cercle, la croix et le carré (…) Observons que les images de centre et d’axe dans la dynamique des symboles ne se distinguent que par le point de vue : une colonne vue de son sommet est un point central; vue de l’horizon, à la perpendiculaire, elle est un axe. Ainsi le même lieu sacré est à la fois centre et axe du monde; aussi sera t-il l’endroit privilégié des théophanies.(…) Le centre est également appelé le nombril de la terre.(…) le mont Garitzim , sacré pour les Samaritains, était le nombril de la terre. Le nom du mont Thabor viendrait de tabur, qui signifie nombril.(…) Dans les civilisations méso-américaines, le centre de la croix correspond au cinquième soleil; dans le Codex Borgia, il est représenté entouré des quatre dieux correspondants aux quatrièmes premiers soleils, peints des quatre couleurs fondamentales : rouge, noir, blanc, bleu. La figure centrale est Quetzacoatl, dieu du soleil naissant. »

d’après le dictionnaire des symboles, Chevallier/Gheerbrant (ed. Robert laffont )

le phallus-centre du monde ?

Phallus.

 » Ce mot est regrettablement assimilé au pénis chez le grand public. Le phallus représente certes symboliquement le membre viril en érection, mais il ne doit pas être confondu avec cet organe anatomique.  Dans les fêtes d’initiation religieuse d’Osiris en Egypte, de Dyonisos en Grèce et de Bacchus  à Rome, mais également dans l’hindouisme  (lingam ) et la kabbale juive ( dans le Seffer Yetsirah ), le phallus représente dans des vocables et des métaphores divers ce que signifie l’idée de filiation. Il est décrit comme l’axe, la colonne, le soubassement, le lieu d’équilibre et de lien, comme l’échelle de Jacob, entre le ciel et la terre. Il est le centre autour duquel se greffent le monde et la vie avec ses deux caractéristiques majeures : la puissance génératrice et le principe d’ordre et d’organisation. »

 

Moussa Nabati, « guérir son enfant intérieur « 

encore Chambala

J’avais abondamment cité dans mon livre p.56 la cité mystérieuse de Shambala. Voilà que je trouve sous la plume d’Alexandra David-Neel (voyage d’une parisienne à Lhassa-Pocket spiritualités, p.309 ) d’autres précisions sur cette mystérieuse Shambala : « Tchang Chambala (Chambala du Nord ) est pour les initiés des sectes mystiques une fiction symbolique correspondant à des faits d’ordre psychologique et spirituel. Certains lettrés considèrent Chambala comme un état idéal, une sorte d’équivalent oriental d’Utopie. D’autres en parlent comme d’un séjour paradisiaque, du genre de Zang dog pal ri ( la noble montagne couleur de cuivre ), résidencde de Padmasambhava. J’ai connu des gens qui prétendaient y avoir été et d’autres, plus modestes, se bornaient à dire qu’il en connaissaient le chemin…»