l’Intrépide Centripète en libraire !

L’Intrépide Centripète et son fidèle secrétaire, après avoir
écumé les milieux inhospitaliers de l’édition durant quelque temps,
ont finalement accosté
  aux éditions Artisans-Voyageurs
pour leurs aventures centrophiles et géopoétiques.

Artisans-Voyageurs /Les Landes
49170 Saint-Germain des Prés
Tel : 00 33 (0)6 19 02 65 39
Tel : 00 33 (0)9 64 49 11 63

paule-et-arthur(@)wanadoo.fr

ou dans les bonnes librairies ou bien auprès de l’auteur qui se fera un plaisir de le dédicacer.

Par conséquent, j’ai dû supprimer de ce site tous les articles et informations que vous pourrez
trouver dans l’ouvrage, afin bien évidemment d’éviter le double emploi. Je  garde sur le site tout le reste, c’est à dire les  articles, illustrations, commentaires et compléments qui ne figurent pas sur le livre. Et le site va continuer à s’enrichir des aventures de l’Intrépide qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin !
N’hésitez pas à nous envoyer un petit message via les commentaires, le secrétaire se fera un plaisir d’y répondre !
A bientôt sur les routes du centre  !affichette

l’intrépide dans la Dépêche du Midi

201612131437-full Gérard Bastide présente «L’intrépide centripète» /Photo DDM

Sa plume n’est jamais au repos, pas plus que sa créativité. Le nouveau livre de Gérard Bastide est paru il y a quelques semaines. «L’intrépide centripète» est le récit des aventures d’un personnage qui n’est autre que l’auteur, à la recherche du centre. Gérard Bastide s’est rendu physiquement dans tous les lieux qui sont évoqués au fil des pages, son aventure a duré près de trois années de voyages, de réflexions philosophiques et poétiques, de recherches géographiques, trois années où, très régulièrement, il se glissait dans la peau de son personnage avant de coucher sur papier ses impressions. «Trop longtemps je fus en marge. Excentré, décentré, déconcentré. En un mot, ex-centri-que. Aussi ai-je décidé de consacrer le reste de ma vie à la recherche du centre. S’il existe.» C’est ainsi que débutent les tribulations géopoétiques d’un cycliste lunaire qui, cramponné à son guidon, emmène ses lecteurs dans ses errances et leur fait découvrir de nombreux cœurs du monde, nombrils, centres, milieux et autres axes, consignés dans son carnet de voyage. Dans sa quête initiatique, l’érudition de son fidèle secrétaire l’amène à des profondes réflexions et finalement à se recentrer sur le sens à donner à sa vie.
Un beau récit tout droit sorti de l’imaginaire fertile de Gérard Bastide, «polyfaiseur de multichoses», musicien, conteur, acteur, nouvelliste, artiste plasticien, écrivain entre autres talents. Dans cet ouvrage tout en décalé, il incite à la réflexion sur le sens de la vie ; chacun doit trouver son «centre», son but pour aller de l’avant et la chute sont résolument optimistes. Artisan voyageur, passionné de cyclisme, Gérard Bastide a déjà en tête de nouveaux projets : il participe en outre très régulièrement à des festivals et salons, sans oublier les concours de nouvelles et a déjà été primé à plusieurs reprises.

SOMMAIRE

 

Le projet, par l’Intrépide Centripète

l’Intrépide Centripète, par son secrétaire

chapitre 1 : de quelques avis avisés pour cycliste averti où l’Intrépide Centripète admet que quelques conseils bien pesés doivent pouvoir trouver place sur son porte-bagages

chapitre 2 : des coeurs du monde où l’Intrépide Centripète décide d’aller voir par lui-même le coeur du monde. Qui ne le satisfait pas. Et il revient avec dans la bouche le goût amer de ceux qui se sont trompés de coeur.

chapitre 3 : des centres du monde Où l’Intrépide Centripète part aux Pyrénées pour tâcher d’atteindre trois ou quatre centres du monde, rien que ça, et finit sa course dans un centre commercial.

chapitre 4 : des nombrils du monde où l’Intrépide Centripète espère désormais trouver une réponse satisfaisante en pédalant tête baissée vers les nombrils du monde.

chapitre 5 : des centre spirituels où l’Intrépide Centripète, aidé par l’érudition de son secrétaire, entreprend l’inventaire des centres spirituels et découvre qu’il y en a presque autant que de recettes de tiramisu, ce qui ne l’aide pas beaucoup dans sa quête.

chapitre 6: d’un milieu du monde savoyard où l’Intrépide revient d’Helvétie déçu.

chapitre 7: de l’inutilité de demander des centres sérieux aux artistes où l’Intrépide, par un après-midi pluvieux, brasse avec l’aide de son fidèle secrétaire l’ensemble des réflexions humaines sur le centre, la centralité, le centralisme et peut-être même la centrologie.

chapitre 8 : des cartes et de ceux qui les font où l’Intrépide Centripète découvre qu’il ne faut pas non plus se fier aux cartes.

chapitre 9 : des centres géographiques du monde où l’Intrépide se décide enfin de prendre l’avis des gens du métier, les géographes qui sont censés savoir où se trouvent les mers et les monts, les villes et les centres. Peut-être même les adresses des réparateurs de bicyclettes.

chapitre 10 : de la nécessité de faire le tri où l’Intrépide se décide enfin à mettre à plat ce qu’il sait ( ça tient sur une carte postale ) mais ne peut s’empêcher de chercher des centres dans l’univers entier.

chapitre 11 : du centre de la Terre et autres labyrinthes où l’Intrépide, cédant une fois de plus  à sa manie d’inventaire, veut à toute force faire le tour des centres cachés, sites enfouis et autres milieux occultes.

chapitre 12 : des parallèles, des méridiens et même de l’excentricité du globe où l’Intrépide Centripète redécouvre les parallèles, les méridiens et deux scientifiques de génie avec une orange et un citron

chapitre 13 : d’une véridique traversée de la France à vélo en équilibre sur le méridien et des découvertes que l’Intrépide y fit
chapitre 14 : du choix pertinent de l’Hexagone pour rechercher un centre français où notre héroïque centrophile, écoutant les conseils avisés de son secrétiare, abandonne enfin ses ambitions universalistes pour se concentrer sur le territoire métropolitain qui devrait lui offrir une jolie collection de centres franco-français.

chapitre 15 : de l’impossibilité de trouver un centre indiscutable, même par la méthode mathématique où l’Intrépide écume un bon paquet de centres dans le centre sans trop…y trouver son compte.

chapitre 16 : d’un poème trouvé sur la route

chapitre 17 : de la difficulté de trouver le juste milieu

chapitre 18 : d’un cycliste centrifuge où l’Intrépide découvre qu’on peut aussi partir à vélo du milieu pour aller ers les côtés.

chapitre 19 : d’un lieu apaisé qui pourrait servir de centre prénatal

chapitre 20 : d’un moment opportun pour arrêter de chercher le Centre où l’Intrépide, après avoir cavalé si longtemps en tous centres, finit par devenir centre à son tour.

tout a démarré dans les toilettes

Tout a démarré dans les toilettes. Enfin, la formulation est brutale mais c’est un peu ça. C’est pendant que j’étais assis sur la lunette des WC  à contempler une mappemonde que l’idée de repartir a germé. Apparemment, c’est un passe-temps qui est partagé par pas mal de monde. Je viens de recevoir d’un aimable correspondant, Jean-Jacques G…, ceci : « aujourd’hui  m’est venue l’envie de jouer à une sorte de jeu, une expérience un peu curieuse,un tant soit peu surréaliste. Installé sur le trône dans les toilettes je regardais la mappemonde orange et bleu sur le mur de droite. L’idée me vint de choisir une île, petite et tout à fait inconnue, avec l’intention d’aller vérifier sur Internet pour voir d’une part si elle est répertoriée d’autre par s’il en existait un visuel, ».visuel-monde « . Attiré par les contrées arctiques je regardai au sommet de la carte et mon regard se porta sur une toute petite île, absolument minuscule du nom d’île Wieze. Sorti des toilettes je me précipitai sur mon clavier et tapai le nom de cette île au nom bizarre. Je suis alors tombé sur votre site que je parcourais avec étonnement et une certaine avidité.
Cela mérite que je vous salue. Voilà qui est fait. »

Merci donc à vous cher monsieur, votre témoignage prouve si besoin était…heu, en parlant de besoin, il faut que je file !

à cent mètres du centre du monde

à100 mètres ...

lIC
Toutefois, en tournant un peu autour du centre du monde commercial, j’ai découvert à cent mètres de là un lieu plus intéressant qui s’intitule forcément “à cent mètres du centre du monde”. Dans un ancien entrepôt rénové, c’est une galerie d’art contemporain. J’y découvre une exposition du peintre Gérard Fromanger. Comme tous les artistes, lui aussi m’a bien l’air de chercher son centre, voyez ma photo.

un centre du monde néolithique ?

Il existe aussi un site archéologique qui a été découvert ces dernières années (2003), qui n’a été fouillé que sur un dixième à peine de sa surface et qui recèle un bon paquet d’énigmes. Transportons-nous tout au nord de l’Ecosse, dans l’archipel des Orcades. Là se trouve un site infiniment plus vieux que Stonehenge appelé  « Ness de Brodgar », à égale distance d’un immense cercle de pierres dressées, le « cercle de Brodgar », le cromlech de Stennes et le tumulus funéraire de Maeshowe. Entre autres découvertes, à l’intérieur même de cette immense enceinte circulaire, se dresse en  son centre parfait une pierre (orthostat ). Cette pierre, placée au centre de l’enceinte, elle même au confluent de sites importants, eux-mêmes au centre d’un lieu cultuel vraisemblablement très fameux (en témoigent des objets votifs venus pour certains de très loin )en fait un axis mundi, un axe du monde, un centre spirituel, en tout un centre du monde néolhitique…ness

Stèles et rafistèles

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lIC Tous ces récits de poteaux sacrés, de dieux-piliers, de déesses qui portent le monde, ça m’a bien plu. En rentrant à la maison, je me suis attelé moi aussi à dresser des stèles tout autour de chez moi. Les païens faisaient avec ce qui leur tombait sous la main, les matériaux locaux je suppose. J’ai fait pareil avec tout ce que j’ai pu récupérer. Un concentré de basse technologie. L’important, c’est l’intention. Mais est-ce que toute cette manutention me rapprochera du centre ?

lIC Oh oh, voici un mythe qui n’est pas sans queue ni tête. C’est bien joli, cette histoire de serpent qui se mord la queue mais tôt ou tard il va rencontrer de sérieux problèmes de digestion. Quant à moi, même si j’emprunte parfois des routes qui serpentent, je dois garder mon cap. Je ne vais pas suivre la piste du serpent qui se mord la queue, je m’en mordrais les doigts. Cherchons plutôt du coté de la littérature.

encore un centre de la terre

le-secretaireSans avoir la prétention d’être exhaustif, il faut tout de même que je signale à l’Intrépide un autre centre de la terre dont m’informe Télérama (3473) par analogie évidente avec son illustre ainé inventé par Jules Verne. Il s’agirait de la chambre magmatique du Thrihnukagigur (à vos souhaits ), volcan éteint (encore heureux ) à 20 km au sud de Reykjavik.

Paris au centre…des poètes ?

…Dans un brouillard de feu je crois voir ce grand rêve.
La Tour où nous voilà dans ce cercle s’élève ;
En le traçant jadis, c’est ici, n’est-ce pas,
Que Dieu même a posé le centre du compas ?
Le vertige m’enivre, et sur mes yeux il pèse.
Vois-je une Roue ardente, ou bien une Fournaise ? »
Oui, c’est bien une Roue ; et c’est la main de Dieu
Qui tient et fait mouvoir son invisible essieu.
Vers le but inconnu sans cesse elle s’avance.
On la nomme PARIS, le pivot de la France.
Quand la vivante Roue hésite dans ses tours,
Tout hésite et s’étonne, et recule en son cours.
Les rayons effrayés disent au cercle : « Arrête. »
Il le dit à son tour aux cercles dont la crête
S’enchâsse dans la sienne et tourne sous sa loi.
L’un le redit à l’autre ; et l’impassible roi,
Paris, l’axe immortel, Paris, l’axe du monde…etc

Alfred de Vigny

le cycliste perdu

lICMoi, je viens juste de finir de lire un livre qui s’intitule “le cycliste perdu”. J’aime bien les livres de la littérature cycliste, parce que ça me donne des idées de prochains voyages et surtout quand ça finit bien. Ici ce n’est pas le cas car le cycliste perdu n’est toujours pas retrouvé. Alors, un autre cycliste s’élance à la recherche du cycliste perdu. Celui-là revient heureusement, sinon il n’y aurait personne pour écrire ce livre. Ou bien il faudrait qu’un troisième cycliste, appelons-le C, s’élance à la poursuite du cycliste B qui lui -même est à la recherche du cycliste A. On n’en finirait pas. Ca ferait comme une caravane de cyclistes à la poursuite les uns des autres. Remarquez, c’est un peu ça une course contre la montre. Bref, sans vous dévoiler ni les roues ni la fin, on ne retrouve pas le cycliste perdu parce qu’il est mort assassiné. Personnellement, ce que je craignais avant tout avant de lire ce livre c’était de crever sur la route. Mais je voulais juste parler de mon pneu. Je vous prêterai mon livre “le cycliste perdu” dès que je l’aurai retrouvé.

vélos d’art

lICEn cherchant du côté de l’art et des artistes, mon dévoué secrétaire m’a trouvé quelques beaux vélos d’artistes. Je veux dire des oeuvres d’art à base de vélo. Ca ne me rapproche pas de mon objectif, mais ça prouve qu’un vélo peut être bien autre chose qu’un vulgaire moyen de déplacement. Le vélo a une charge esthétique considérable. Je m’en doutais. C’est d’ailleurs étonnant que dans les siècles passés, dans l’Antiquité, au Moyen-Age, voire à la Renaissance, on ne trouve pratiquement pas d’oeuvre d’art à base de vélo. A croire qu’il y a des effets de mode. J’ai mis dessous quelques échantillons de vélos d’art. Je ne connais pas les auteurs. Si vous avez des noms, je serais heureux de leur rendre cette justice.

lICCette nuit, je me suis réveillé angoissé: je partais de la circonférence et, emporté par mon élan, je dépassais le centre ! Qu’adviendra-il de moi si je ne fais pas demi-tour ? Et quand faire demi-tour ? Et où ? Réveil difficile. Et ma roue avant est à plat.

lICAujourd’hui, ça paraitrait étonnant d’utiliser le corps humain comme instrument de mesure. On n’achèterait plus de mètre à ruban, il n’y aurait plus de bornes au bord des routes. Vous demanderiez :
  – c’est loin tel patelin?

On vous répondrait:

– environ trois mille pieds, un peu moins si vous faites de grandes enjambées.

Vous poseriez la question:

– et pour se rendre là-bas?

-Ben, tu vas tout droit, et mardi tu tournes à gauche.

Il y aurait des tas de conséquences intéressantes. Remarquez, moi je n’ai pas attendu le système métrique. Je peux compter en tours de roue ou encore en coups de pédale si je veux. Quoique depuis l’invention du dérailleur, le fait de changer de « vitesse » influe sur la distance parcourue en un tour de pédale. La « vitesse » modifie la distance…la vitesse modifie aussi le temps, mais ça je m’en étais déjà rendu compte. Compter en morceaux d’homme, ça n’empêche pas la démesure mais ça ramène toujours à l’humain. Etrange de penser que ces gens-là s’intéressaient autant aux proportions qu’aux dimensions. Ca nous éviterait bien des bêtises surdimensionnées. Ca semble une approche plus équilibrée des choses.C’est pour ça que je me déplace à vélo. Le vélo a plus besoin d’équilibre que de distance. A quoi bon atteindre enfin mon but si je me suis perdu en route entretemps ?

lIC Garde les yeux fixés sur ton objectif mon garçon. Ne pas trop dériver avec cette réflexion sur les unités de mesure. Quoi qu’il arrive, le centre reste le centre, qu’on le mesure en empans, en pieds ou en mains, en bottes de sept lieues ou avec une ficelle. Les unités de mesure comptent moins que le temps que j’y mettrai.

velogrille

lIC Toutes ces considérations finiraient par limer mes ailes et raboter mes élans. Je sais bien qu’il a bien fallu des gens de la race des géomètres pour dessiner mon vélo, tracer mes roues, calculer mes pignons. Mais je rêve maintenant de circonférences qui se mettent à rouler, de pneus qui tournent, de cercles en mouvement. La fuite, c’est quand la circonférence entre en action !

le boson d’Homer Simpson

Dans un épisode intitulé « La dernière invention d’Homer » daté de 1998, le célèbre père de famille – plus connu pour son amour de la bière que pour ses aptitudes en physique quantique – est sur le point de résoudre une équation permettant de calculer la masse du  boson de Higgs révèle le journaliste et physicien Simon Singh, d’après The Independant. Le boson de Higgs est une particule élémentaire de l’univers dont la découverte a permis de mieux comprendre la formation de la matière. Le Centre européen de recherche nucléaire (Cern)  a découvert le fameux boson le 4 juillet 2012, soit quatorze ans après la diffusion de l’épisode.  Mais alors comment Homer Simpson a pu s’approcher si près de l’une des découvertes les plus importantes de notre siècle ? Selon le Daily Mail, tout part de la nécessité pour David X. Cohen, un des auteurs des Simpson, de trouver une équation crédible pour l’épisode. Il demande alors à un vieux copain de classe, David Schiminovich,  astronome à l’université de Columbia. Ce dernier lui envoie une équation directement tirée de ses recherches en cours sur le boson de Higgs. Et c’est ainsi que l’équation s’est retrouvée dans un épisode des Simpson !

(d’après France Info, 05/03/2015 )

 

lapin à bicyclette

lICHier, j’ai essayé d’enlever mon cuissard en le passant par le haut. Aujourd’hui, je crois bien que je viens de voir passer un lapin à bicyclette. Malédiction, je suis maudit ! Pourquoi me suis-je approché trop près des centres galactiques ?

lICN’en croyez pas un mot. J’ai effectivement grillé quelques neurones à la découverte de tous ces centres parallèles. Ces centres excentriques si j’ose dire. Un vertige existentiel. Exocentré.Tous ces gens qui cherchent à leur façon…c’est émouvant, non ? Ces multiples centres qui se cherchent, se croisent, se meuvent dans l’espace infini des idées…Moi j’avais besoin de faire le point. Me mettre en retrait de ma propre aventure. Me concentrer sur mon centre à moi.Vous pouvez comprendre ça? Alors j’ai décidé de m’octroyer quelques jours pour faire un brèque. Tout va bien. Ils s’occupent tous parfaitement de moi. Pour l’alimentation, bouillon de volaille, a dit le docteur. D’accord. Mais j’ai aussi pas mal de tablettes de chocolat et des packs de bière sous le lit. Quant à “Martine à la plage”, c’était juste pour donner le change. Pour qu’on me fiche la paix. Bientôt reviendra le temps où je me pencherai à nouveau sur les cartes routières.
Voici plusieurs mois maintenant que je suis parti à la recherche du centre. Plusieurs années même si je compte tous mes voyages où je suis parti sans savoir ce que je cherchais. Sans savoir même que je cherchais. Sans chercher à savoir. Quand on part sans chercher, on risque de trouver sans savoir. Ah, je peux dire que j’en ai fait du chemin et vu du pays, et lu, et écouté tant de gens qui ont tous quelque chose à me dire de leur centre. Un sacré paquet. Je pourrais même dresser un atlas des centres. Mon repos forcé m’oblige à tout remettre à plat. Comme mes pneus. Bon moment pour faire un premier bilan.

lICAh ah, votre fameux humour me ramène à un peu d’humilité si besoin était. Mais je n’en ai pas vraiment besoin. J’ai dit il y a peu que j’étais parti de l’extérieur, des marges. Où que j’aille, je ne peux que me rapprocher de mon but, non ? J’ai déjà compris plusieurs choses, un, que tout le monde ne court pas après le même centre, deux, que je suis déjà au centre …de ma propre action. Continuez à m’encourager de toutes les façons possibles.

les danseurs d’Ibn Caloun (2)

lICMoi, je retiens dans votre précieuse intervention deux notions contradictoires et complémentaires.
D’abord que le centre se déplace avec le danseur. Il est muable et dynamique, il change à chaque instant de position au gré des figures. Mais il n’en demeure pas moins centre, pivot des pas du danseur, centre de gravité de son corps. D’ailleurs, le corps du danseur ne peut quitter son centre de gravité sans courir le risque de tomber. Je trouve tout de suite l’analogie avec ma roue de vélo : mon vélo se déplace dans l’espace et donc l’axe de ma roue se déplace aussi. Tout à l’heure je passais à couvert des grands bois, maintenant je roule au soleil, tout à l’heure il sera appuyé contre un mur tandis que je serai attablé à la terrasse…Mais en même temps, l’axe n’a jamais cessé d’être le centre de la roue.
Il faut que je tire de ces observations toutes les conséquences utiles pour la suite de mon voyage…

et l’ hélice

lICEn cours de route et moyennant un petit détour, je suis allé saluer Monsieur Sauvage. La plaque précise qu’il est l’inventeur boulonnais « universellement connu pour avoir appliqué le principe de l’hélice à la navigation maritime« . Cela me fournit l’occasion d’une réflexion technico-philosophique circulaire : ma roue de vélo tourne dans la même direction que ma direction générale. Alors que l’hélice, elle, est perpendiculaire à la marche du bateau. Et ça fonctionne quand même. Je ne sais si vous me suivez. Et je réalise alors que les pales de l’hélicopère, elles, tournent encore dans un autre plan par rapport à l’engin et ça marche aussi. Finalement, je me dis, du moment que ça tourne et que ça brasse du vent ou de la route ou de l’eau, les choses avancent. Tant que ça vire, y a de l’espoir !
11-Sauvage.

lIC  Je ne crois pas que ce genre d’aventure ait besoin de se mesurer en kilomètres. J’aimerais arriver à laisser de côté tous les chiffres qui ne sont pas strictement indispensables à ma survie, l’âge, le poids, la durée, les longueurs et les prix. A quelle distance sommes-nous de notre propre vie ? Laissez-moi plutôt vous présenter quelques photographies prises au cours de mon périple.

lIC
Assez de centres ! Basta ! N’en jetez plus ! Voici maintenant près de trois semaines que je sillonne les routes du Cher et de l’Allier sur vos conseils. Ah, je peux dire que j’en ai vu des bleds et des patelins et des lieux dits et des petites routes de campagne. J’en aurai mangé du pays ! Et tout cela pour voir des lieux improbables et controversés. Vos scientifiques ne sont pas fichus de s’accorder sur un centre bien officiel, incontestable, qu’on n’aurait plus qu’à bétonner et éclairer la nuit. Je vous l’avoue, je pédale dans le flou. Je ne vous dis pas cela pour vous raconter ma vie ( après le récit autobiographique, le récit cyclobiographique ), je vous dis tout ça parce qu’à ce jour, je me pose de
13-flicssacrées questions. D’ailleurs, je vais finir par me faire remarquer. Peut-être arrêter pour espionnage de centre ?

 

et aussi le Yak

lIC Le Yak, alias Claude Marthaler, cycliste impénitent et littérateur accompli ( «zen ou l’art de pédaler», «l’insoutenable légèreté de la bicyclette», «le chant des roues» , etc… me fournit un centre de plus pour ma collection : en hindi, prétend-il, le mot « Bharat»qui désigne l’Inde signifie aussi nombril du monde…

Nasruddin Hodja et le centre

lICLe sultan voulut mettre à l’épreuve Nasruddin en lui posant des questions impossibles :
– Dis-moi où se trouve le centre de la terre.
– Exactement là où à l’instant mon âne pose son sabot gauche.
– Comment peux-tu affirmer une chose pareille ?
– Si tu ne me crois pas, pose ton trône à la place du sabot de mon âne et demande à tes conseillers de mesurer.
Si les mesures ne sont pas justes, tu pourras me jeter en prison.in Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage.
Jihad Darwiche ed. Albin Michel

le point Nemo

lICEn fouinant comme d’habitude, j’ai aussi découvert un lieu qui pourrait concourir au titre de centre de l’antimonde, ou si l’on préfère à l’anti-centre du monde. C’est le point Nemo, en hommage au personnage du capitaine inventé par Jules Verne. Il se situe dans le Pacifique sud-je vous fais grâce des coordonnées GPS- , c’est aussi le pôle maritime d’inacessibilité » et il se trouve à 2688 km de la terre (inhabitée) la plus proche. Ce qui fait que les humains les plus proches sont les occupants de la cabine spatiale qui gravite au dessus…Quant à moi, à part d’emprunter un pédalo, huit paires de cuisses et de partir avec six mois de vivres…

l’Intrépide à Vincennes

imagesFin janvier, l’Intrépide Centripète eut l’insigne honneur d’être invité par le CCI Cyclo-Camping International à
Vincennes pour présenter un bref résumé de ses aventures centripétiques. Beaucoup de monde durant deux jours, belles rencontres, beaux échanges dans une ambiance tout à fait sympathique. Et de sacrées pointures du voyage, Heinz Stückhe, Olivier Peyre, … je vous raconterai. Et juste avant la fermeture, l’Intrépide qui n’a pu s’empêcher de dégainer son accordéon !
BC.IMG_3426BG.L'intrépide 03