lICAujourd’hui, ça paraitrait étonnant d’utiliser le corps humain comme instrument de mesure. On n’achèterait plus de mètre à ruban, il n’y aurait plus de bornes au bord des routes. Vous demanderiez :
  – c’est loin tel patelin?

On vous répondrait:

– environ trois mille pieds, un peu moins si vous faites de grandes enjambées.

Vous poseriez la question:

– et pour se rendre là-bas?

-Ben, tu vas tout droit, et mardi tu tournes à gauche.

Il y aurait des tas de conséquences intéressantes. Remarquez, moi je n’ai pas attendu le système métrique. Je peux compter en tours de roue ou encore en coups de pédale si je veux. Quoique depuis l’invention du dérailleur, le fait de changer de « vitesse » influe sur la distance parcourue en un tour de pédale. La « vitesse » modifie la distance…la vitesse modifie aussi le temps, mais ça je m’en étais déjà rendu compte. Compter en morceaux d’homme, ça n’empêche pas la démesure mais ça ramène toujours à l’humain. Etrange de penser que ces gens-là s’intéressaient autant aux proportions qu’aux dimensions. Ca nous éviterait bien des bêtises surdimensionnées. Ca semble une approche plus équilibrée des choses.C’est pour ça que je me déplace à vélo. Le vélo a plus besoin d’équilibre que de distance. A quoi bon atteindre enfin mon but si je me suis perdu en route entretemps ?

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